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1ère édition du Festival du dessin à Arles

Hommage à Jean-Jacques Sempé

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Le dessin est le premier art de l’enfance ; il est aussi le premier art connu de nos ancêtres préhistoriques. Longtemps déconsidéré au profit de la peinture et mis à l’écart, il revient en force depuis quelques années dans l’apprentissage des beaux-arts, dans les galeries et les musées. Pour cette toute première édition qui se tiendra du 22 avril au 14 mai 2023 à Arles, une quarantaine d’artistes seront mis en lumière. Plus de 1000 œuvres seront exposées dans une dizaine de lieux emblématiques et prestigieux d’Arles.

Ce beau langage qui nous rassemble

« Le dessin est le premier langage créatif de l’homme préhistorique, du moins le premier que nous lui connaissons. Dans la grotte de Chauvet, en Ardèche, comme dans différents sites paléolithiques, nous trouvons des empreintes de mains, des animaux, rarement des visages ou des corps humains. À compter du néolithique, la figure humaine s’impose durablement, le plus souvent sous la forme d’un chasseur. Depuis, elle n’a cessé de se transformer au fil des siècles, comme si l’homme éprouvait le besoin irrépressible de se représenter lui-même – le dessin fut et demeure le langage le plus immédiat de cette quête.
L’enfant, quant à lui, s’empare volontiers d’un crayon ou d’un feutre pour exprimer ce qu’il observe ou ce qu’il imagine. Tous les dessins d’enfants sont remarquables ; ils adressent un message éloquent, soit à eux-mêmes, soit à leurs proches. On y lit leur bonheur de vivre, leur innocence, mais aussi leurs tourments, leurs blessures… Étrangement, l’enfant devenu adolescent se désintéresse du dessin personnel et préfère copier – par exemple, des superhéros ou d’autres figures standardisées. Devenu adulte, il délaisse définitivement ce langage qui lui fut essentiel, et qui, dès lors, devient un langage de spécialistes, celui des dessinateurs, des peintres, des architectes, des créateurs de mode, des cinéastes.

Fut un temps, le dessin passait pour le parent pauvre des beaux-arts ; aujourd’hui, éditeurs, curateurs, marchands n’hésitent plus à proposer des images dessinées au public car celui-ci a pris conscience de leur ampleur, de leur diversité, de leur profondeur, de leur vivacité. Le dessin s’immisce partout, il distrait, il amuse, il inquiète, il stupéfie.

Le dessin peut tout dire, ou presque : la tendresse, le sacré, la sexualité, la violence, la mort. Il raconte le temps qui passe, la langueur d’un soir au bord de la mer, les expressions diverses et variées d’un visage, les convulsions du corps ; il peut tour à tour parler et se taire, crier et murmurer, rire et faire rire. Les dessins contemporains nous provoquent, les dessins anciens ou retrouvés au fond d’un grenier nous remplissent d’émotion.

Bref, il manquait au dessin un festival ouvert, s’adressant à tout le monde, qui ne se limite pas à telle tendance ou à tel style, ni au seul critère de la notoriété. C’est chose faite, désormais : chaque printemps, à Arles, plus de mille dessins seront proposés au public, qu’il soit connaisseur ou novice dans un esprit de curiosité, de partage et de fête. »
Frédéric Pajak, Directeur artistique du Festival du dessin

L’ambition du projet

Vera Michalski, présidente du groupe éditorial Libella, et Frédéric Pajak, dessinateur, écrivain et directeur des éditions Les Cahiers dessinés, ont pris l’initiative d’offrir à cet art une pleine dimension en lui dédiant un festival annuel, à la fois populaire et exigeant, intitulé « Le Festival du Dessin ».

Quel meilleur endroit pour accueillir pareil événement que la ville d’Arles, célèbre pour la beauté de ses monuments historiques, Van Gogh et les Rencontres de la Photographie ? Dès l’année 2023, du samedi 22 avril au dimanche 14 mai, Arles ouvrira au Festival du Dessin ses plus belles portes– musées, églises, cloîtres, hôtels particuliers, fondations et centres culturels. Théâtres, librairies et cinémas seront également partie prenante, ainsi que les organismes scolaires, pour mettre en lumière plus de 1.000 œuvres et une quarantaine d’artistes, la plupart consacrés, d’autres oubliés, d’autres encore méconnus. Se confronteront ainsi le dessin d’art, le dessin d’humour, le dessin de presse, le dessin d’art brut et les dessins parallèles, à savoir ceux d’écrivains, de cinéastes ou encore de grandes figures de la mode.

Étendu sur trois semaines et quatre week-ends, le Festival du Dessin se propose d’organiser, en accompagnement des expositions, des débats, des rencontres et des signatures avec les dessinateurs d’aujourd’hui, des projections de films, des concerts et bien d’autres événements festifs.

Les fondateurs du Festival

Vera MICHALSKI, présidente du Festival du Dessin – Présidente du groupe éditorial Libella, Vera Michalski dirige une dizaine de maisons d’édition, en France, en Suisse et en Pologne. Elle a également créé, à Montricher, en Suisse, la Fondation Jan Michalski, vaste complexe architectural au service de l’écriture et de l’image, qui offre un cadre idéal à de nombreuses rencontres et formes de dialogue entre les arts. En 2016, elle a contribué à créer à Paris, dans le 6earrondissement, le festival Un Week-end à l’Est qui, chaque année, met à l’honneur une ville d’Europe centrale et orientale à travers ses écrivains, ses penseurs, ses artistes, ses cinéastes, ses dramaturges, ses danseurs et ses photographes.
Elle est également Ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco.

Frédéric PAJAK, directeur artistique – Écrivain, dessinateur, éditeur, Frédéric Pajak a également été fondateur et directeur de divers journaux et revues, dont L’Imbécile de Paris, 9 semaines avant l’élection et la dernière en date, parue en 2021, L’Amour. Il a publié une trentaine d’ouvrages aux Presses Universitaires de France, chez Gallimard et aux éditions Noir sur Blanc, dont L’Immense solitude, Le Chagrin d’amour et J’entends des voix, inaugurant une forme nouvelle de récit dessiné où écriture et dessin constituent deux narrations à part entière, l’une n’étant jamais l’illustration de l’autre, chacune se développant parallèlement et formant cependant un ensemble solidaire.

En 2014, il a reçu pour le troisième volume de son Manifeste incertain (2012-2020) le prix Médicis de l’essai et, l’année suivante, le Prix suisse de la littérature. En 2019, le septième volume lui a valu le Prix Goncourt de la biographie. En 2021, il a été récompensé pour l’ensemble de son œuvre par le Grand Prix suisse de la littérature.

Il y a vingt ans, en 2002, il a créé avec Vera Michalski la maison d’édition Les Cahiers dessinés, consacrée au dessin sous toutes ses formes, sans restriction de genre, autour de laquelle il a monté en 2015 à Paris, à la Halle Saint Pierre, une exposition éponyme. Il a été par ailleurs le commissaire de deux expositions au Musée Jenisch de Vevey, en Suisse : « Dessins politiques, dessins poétiques » (2019) et « Portrait, autoportrait » (2021). Enfin, il a réalisé trois longs-métrages, dont un sur le dessinateur d’humour Mix & Remix (2022).

Antoine de CAUNES, président d’honneur de la première édition du Festival. On le connaît comme figure mythique du petit écran, présentateur inoubliable, à l’humour décalé, de Nulle part ailleurs sur Canal + et d’autres émissions populaires. On le connaît comme acteur et réalisateur.
On le connaît aussi pour détenir le record de présentations des Césars, dont il a été le maître de cérémonie à neuf reprises. Antoine de Caunes, qui fut un ami proche de Sempé, sera le président d’honneur de cette première édition du Festival du Dessin.
« Une Présidence, ça ne se refuse pas. On ne sait jamais. À condition, bien sûr, de ne pas l’avoir réclamée à corps et à cris ou d’avoir ourdi quelque sombre complot pour la décrocher. Et quand, de surcroît, il s’agit de celle du tout premier festival du Dessin – art que je vénère sans modération – à Arles, et mettant à l’honneur le maître du genre (et un héros personnel), non seulement ça ne se refuse pas, mais ça s’accepte avec un certain empressement. Arlésiennes, Arlésiens, Françaises, Français, mes chers compatriotes : Vive le dessin ! Vive Sempé ! »

La première édition : Hommage à Sempé

Le petit Nicolas – Jean-Jacques Sempé

Exposé dans le monde entier, comptant parmi les plus grands dessinateurs d’humour de notre temps, Jean-Jacques Sempé, est né en 1932 à Bordeaux. S’il rate de peu le titre envié du plus beau bébé de la ville, il se révèle vite très bon chahuteur et peu intéressé par les études. Renvoyé de son collège, il est successivement représentant en dentifrice en poudre puis courtier en vin, avant de falsifier ses papiers d’identité pour effectuer son service militaire à Paris.
Bien que Chaval lui ait déconseillé d’être dessinateur d’humour, il publie ses premiers dessins dans Sud-Ouest et dans quelques journaux parisiens. En 1954, il rencontre René Goscinny, avec lequel il se lie d’amitié et collabore à l’hebdomadaire belge Le Moustique.
Deux ans plus tard, il travaille régulièrement pour Paris Match, puis pour Pilote, Punch et Esquire. En 1960, paraît le premier tome du Petit Nicolas, conçu avec son complice Goscinny. Suit en 1962 son premier album personnel Rien n’est simple qui précède près de quarante titres où se mêlent humour, poésie et philosophie.
Depuis 1978, il a réalisé plus d’une centaine de couvertures pour le New Yorker et travaillé pour de nombreux magazines français (L’Express, Vogue, Télérama, etc.)
Jean-Jacques Sempé est mort le 11 août 2022, alors qu’il venait d’achever son dernier livre, Sempé en Amérique. 

Artistes exposés

  • Pierre Alechinsky
  • Aloïse
  • Marcel Bascoulard
  • Bessompierre
  • Paul Diemunsch
  • Hervé Di Rosa
  • Mylène Duc
  • El Roto
  • Olivier Estoppey
  • Émilienne Farny
  • Sylvie Fajfrowska
  • Claire Forgeot
  • Victor Hugo
  • Nadine de Koenigswarter
  • Martial Leiter
  • Denis Lopatine
  • Jacques de Loustal
  • Micaël
  • Mix & Remix
  • Adrien Neveu
  • Claire Nicole
  • Pat Noser
  • Noyau
  • Guy Oberson
  • Olivier O. Olivier
  • Joël Person
  • Edmond Quinche
  • Jean Raine
  • Alexandra Roussopoulos
  • Pavel Schmidt
  • Jean-Baptiste Sécheret
  • Dorothée Selz
  • Jean-Jacques Sempé
  • Anna Sommer
  • Pierre Tal Coat
  • Roland Topor
  • Corinne Véret-Collin
  • Vuillemin
  • Wozniak
  • Albert-Edgar Yersi

Autour du Festival

Pour cette manifestation inédite qu’est la première édition du Festival du Dessin, toute une série de rencontres et d’événements accompagneront les expositions proposées. Le détail en sera disponible ultérieurement sur le site internet du Festival (www.festivaldudessin.fr), mais en voilà d’ores et déjà un aperçu :

Les enfants à l’honneur
Puisque le dessin est le premier langage de l’enfance, le Festival du Dessin se devait de donner aux enfants une tribune pour mettre en lumière leur imaginaire foisonnant, leur inventivité sans limite, leur fulgurance créatrice, et l’inspiration que cet imaginaire a pu insuffler aux artistes.

LES ENFANTS D’ARLES EXPOSENT

Avec le soutien de la ville d’Arles, des ateliers de dessin ont été mis en place dans trois écoles primaires arlésiennes, ateliers encadrés par dix dessinateurs professionnels d’Arles et d’ailleurs ainsi que les équipes enseignantes. Dix classes, du CP au CM2, réaliseront ainsi dessins, gravures, collages, peintures sous plexiglass et bien d’autres choses encore.
Le public pourra admirer le résultat de cette magnifique aventure à l’espace Van Gogh du 5 au 14 mai 2023.
Commissaire : Alexandra Roussopoulos

LA SALLE DE CLASSE DU PETIT NICOLAS

Toujours en hommage à Jean-Jacques Sempé et en écho à l’exposition des enfants arlésiens, IMAV Éditions et la maison Deyrolle offrent dans l’espace Van Gogh une expérience inédite : une quarantaine de dessins du Petit Nicolas exposés dans une reconstitution fidèle d’une salle de classe de l’époque, pour nous faire redécouvrir l’univers du plus célèbre de nos écoliers.

L’humour des textes de René Goscinny allié à la poésie des dessins de Jean-Jacques Sempé restituent ce parfum d’enfance qui a séduit des milliers de lecteurs. Dans cette exposition immersive, affiches pédagogiques, pupitres, dessins naturalistes, craies et tableau noir de Deyrolle côtoient les dessins originaux du Petit Nicolas réalisés et publiés dans les années 1960.
Co-commissaire d’exposition : Aymar du Chatenet

Dessin et musique au diapason

CONCERT DESSINÉ LE 3 MAI 2023 AU THÉÂTRE ANTIQUE D’ARLES

Depuis plus de quarante ans, l’Orchestre national de Cannes sillonne les routes de sa région et pose ses instruments, le temps d’un concert, dans des salles de spectacle, des établissements scolaires, des églises, des théâtres de verdure ou sur des scènes éphémères au cœur de la nature, toujours avec le même enthousiasme.
Dans le cadre du Festival du Dessin, l’Orchestre national de Cannes, sous la direction de Benjamin Levy, donnera un concerto-soirée pour piano et orchestre de Nino Rota, précédé d’une suite tirée du Film Le Guépard et suivi d’un divertimento concertante pour orchestre et contrebasse.
Durant le concert, les artistes Anna Sommer et Joël Person réaliseront une performance de dessins projetés en direct sur écran géant.

Cette soirée exceptionnelle se déroulera dans un lieu également d’exception : le Théâtre antique d’Arles. Bâti sous Auguste au cœur de la cité romaine, l’édifice, inscrit aux Monuments historiques et sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, fait partie des grandes réalisations de la première phase d’urbanisation de la ville. D’une capacité de 10 000 personnes, il est l’outil privilégié de la romanisation cinq siècles durant, proposant jeux et spectacles variés. Dans les années 2000, une grande campagne de restauration lui rend sa vocation de lieu de spectacles, tout en conservant l’intégrité archéologique du site.

Débats, rencontres, signatures, projections de films

Durant les week-ends des 29 et 30 avril et 5 et 6 mai 2023, des tables rondes avec les artistes exposés et des médiateurs culturels seront organisées au théâtre municipal d’Arles autour de thématiques clefs (le dessin d’art, le dessin de presse, le dessin par les femmes, l’illustration de l’imaginaire enfantin, etc.) www.theatre-arles.com

Durant le Festival, des projections des films du Petit Nicolas ainsi qu’une série de films sur de grands dessinateurs qui ont marqué l’imaginaire collectif seront au programme du cinéma Cinémas Le Méjan – Actes Sud. www.cinemas-actes-sud.fr

Enfin, pour prolonger au fil des pages les découvertes faites lors de cette première édition, l’annexe de la librairie Actes Sud du Méjan, la librairie Croisière, offrira une riche sélection d’ouvrages liés au Festival du Dessin ainsi que des coups de cœur de libraires et une carte blanche bibliographique donnée à Frédéric Pajak, directeur artistique du Festival.
Des signatures avec les artistes y seront organisées, de même que dans les librairies arlésiennes Les Grandes Largeurs et L’Archa des Carmes.

  • Librairie Les Grandes Largeurs – 11 rue Réattu 13200 Arles /09 54 82 99 03
  • Librairie L’Archa des Carmes – 23 rue des Carmes 13200 Arles /04 90 91 30 81 

www.festivaldudessin.fr

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