Our healthcare systems are not prepared for climate-related disasters
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Our healthcare systems are not prepared for climate-related disasters

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La prestigieuse revue médicale The Lancet Countdown a publié son annual statement sur l’impact du changement climatique sur la santé. La centaine de scientifiques de plus de 50 instituts de recherche à l’origine de ce document alerte sur les dommages irréversibles auxquels les hommes sont exposés : « La santé de l’humanité est gravement menacée ». Dans un entretien au média spécialisé Medscape, le Pr David Grimaldi, spécialiste des questions de santé publique, appelle la population et les pouvoirs publics à prendre conscience du niveau d’impréparation actuel des systèmes de santé face aux catastrophes climatiques extrêmes amenées à se multiplier. La COP28 a consacré une journée à ce sujet avec des résultats décevants.

Le rapport publié le 15 novembre dernier par The Lancet est singulièrement alarmant. Selon les experts réunis pour sa rédaction, formant en quelque sorte un GIEC de la Santé, la mortalité des plus de 65 ans liée à la hausse des températures de 2°C pourrait être multipliée par 4,7 d’ici à 2050 ! Un chiffre qui inquiète mais qui est pourtant calculé sur une hypothèse optimiste. En effet, les projections évoquent 16 fois plus de décès liés à la chaleur en 2100 chez les plus de 65 ans si nous ne contrôlons pas nos émissions de gaz à effet de serre. Le Pr Grimaldi en conclut que, sous nos latitudes, « l’été va se transformer en saison pénible pour les adultes en bonne santé et dangereuse pour les personnes âgées, les nourrissons et les malades chroniques. Les effets indirects de la chaleur seront encore plus graves ". 

A cette surmortalité, les experts de santé publique ajoutent des risques pour l’alimentation. Dans un scénario à 2 degrés de hausse des températures, 525 millions de personnes supplémentaires vont souffrir de la perte des rendements alimentaires d’ici à 2050. On parle ici de centaines de millions d’individus touchés par la malnutrition et la famine. Les sécheresses vont se multiplier et l’agriculture en zone méditerranéenne deviendra de plus en plus problématique. Déjà, l’Espagne est en voie de désertification.

Pour compléter ce tableau, les auteurs du rapport soulignent que dans les zones équatoriales, le réchauffement va entraîner des conditions en extérieur qui ne seront plus compatibles avec la survie d’un être humain. Il fera trop chaud et trop humide. Il faut donc s’attendre à des migrations massives.

Les hôpitaux ne sont pas préparés à la médecine climatique

Face à cette perspective de multiplication des catastrophes climatiques, le Pr Grimaldi doute de la préparation des hôpitaux, dans le monde en général, et en Europe en particulier. Selon lui, les soignants ne sont pas suffisamment informés et entraînés face à ces risques sanitaires en lien avec le climat. Le médecin, membre du Shift Project, rappelle l’étude Décarboner la santé qui montrait qu’à peine un tiers des établissements délivrait une formation sur les liens entre environnement et santé. Cette formation représentait 0,4% du volume horaire d’enseignements alors même que 85% des étudiants en santé pensaient qu’ils devraient être formés sur ces sujets. « Il faut aller très vite afin que les futurs médecins, pharmaciens, infirmiers, kinés, sage-femmes… aient tous eu une formation pour comprendre les enjeux et les changements à entreprendre, demande le Pr Grimaldi.

Une journée consacrée à la santé a été organisée ce 3 décembre lors de la COP28 de Dubaï. C’est une première depuis que les COP existent. « Cela illustre, dit le médecin, qu’il y a eu un changement cognitif chez les plus hauts responsables d’État. Ils admettent que le changement climatique ne fait pas seulement du mal aux coraux, à la banquise et aux ours blancs mais qu’il est une menace pour l’humanité ".

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Déception

Les bonnes intentions étaient là mais, ultimately, le rapport préliminaire qui a été produit à l’issue de cette journée a fait hurler les professionnels de santé publique.

La déclaration sur la santé et le climat met en avant trois domaines clés d’action. D’abord, la nécessité pour les systèmes de santé d’un changement transformationnel afin de devenir résilients au climat, durables et équitables avec de faibles émissions de carbone. Ensuite augmenter non seulement le montant global du financement climatique, mais également la part consacrée à la santé publique. Enfin, briser les cloisonnements entre la santé et les autres secteurs de la réponse climatique et d’intégrer la santé dans les politiques climatiques. C’est tout. La déclaration oublie une problématique essentielle : celle des combustibles fossiles. Or celles-ci sont les principales responsables du changement climatique en cours. « Il faut impérativement les éliminer de notre quotidien », estiment les professionnels de la santé.

Aujourd’hui, la pollution de l’air est responsable de 7 millions de décès prématurés par an dans le monde. En Europe, 200 000 décès sont attribuables chaque année aux substances directement toxiques pour les humains, émises par la combustion des énergies fossiles. Cette pollution accroît le risque de maladies respiratoires, d’accidents vasculaires cérébraux, de maladies cardiaques, de cancers du poumon, de diabète et d’autres maladies.

Coïncidence ? Pendant que se déroulait cette journée à la COP consacrée à la santé, la rutilante ligne d’horizon des gratte-ciels de Dubaï a été obscurcie par une couche de brouillard qualifiée de « malsaine ». L’indice de qualité de l’air a atteint 155 microgrammes par m3 de pollution PM2.5 – les particules fines les plus nocives car elles peuvent pénétrer dans la circulation sanguine. Une façon de rappeler que la pollution de l’air extérieur par les microparticules provient principalement des combustibles fossiles que les activités humaines ont brûlé, brûlent et brûlent encore.

Et ce n’est pas près de s’arrêter. Le projet d’accord final proposé ce lundi 11 décembre par la présidence émiratie à la veille de la clôture prévue de la COP28 ne mentionne que « la réduction de la consommation et de la production des énergies fossiles », au grand dam de nombreux défenseurs du climat car il ne mentionne plus le mot de « sortie » des énergies fossiles. Cette « sortie » des énergies fossiles était une ligne rouge pour de nombreux pays et observateurs présents aux négociations de Dubaï, notamment parmi les pays du bloc arabe. Et il inclut désormais nombre de vœux du camp des pays producteurs ou exportateurs de pétrole, qui ne désirent qu’une chose : préserver leur rente et continuer à pomper des hydrocarbures.

Marine Barrio, Journaliste UP’Magazine

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