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Enfin, l’humanité a un drapeau

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Courrier international, relayant une information publiée dans wired, nous apprend que, enfin, l’humanité dispose d’un drapeau. Un objet utile si nous désirions conquérir de nouvelles planètes ou plus immédiatement, le symbole que l’humanité n’est pas seulement une douce rêverie de philosophe, mais une réalité tangible, en marche.

C’est au designer Oskar Pernefeldt, de l’Université de design Beckmans, à Stockholm, avec l’aide d’entreprises privées et de la Nasa qu’est revenu l’honneur de créer notre drapeau, à nous humains, toutes différences confondues. Fond bleu pour l’eau, “sans laquelle aucune vie ne serait possible sur cette planète”, et sept cercles encastrés pour former une fleur, “symbole de la vie sur Terre” ; voici notre nouvel emblème :

Le designer Pernefeldt décrit son œuvre : « Au centre, les sept cercles forment une fleur, symbole de la vie sur Terre. Les cercles sont reliés entre eux pour symboliser le fait que tout sur notre planète est en interconnexion. Le fond bleu représente bien sûr l’eau sans laquelle aucune vie ne serait possible ; cette couleur représente aussi les océans qui occupent la plus grande partie de notre globe ». Vue du ciel, la Terre est bien bleue.

Ce drapeau a été dessiné avec la conquête spatiale en arrière-pensée. Les astronautes conquérant des espaces lointains ne représenteront plus une nation ou un pays. Ils représenteront l’humanité tout entière. Ce drapeau symbolise aussi une réalité dont nous prenons progressivement conscience : au-delà des frontières, des différences, nous habitons tous ensemble sur le même vaisseau spatial. Nous le partageons entre nous.

La conscience de l’humanité

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Les sociologues n’ont jamais aimé le concept trop vague et un brin idéaliste d’humanité. On pouvait, à la rigueur, comparer des phénomènes se produisant dans différents États, mais la notion d’humanité était exclue du cadre conceptuel sociologique. Cette démarche, qui perdura jusqu’à la fin du XXe siècle, était justifiée par la grande hétérogénéité des États qui correspondait bien aux disparités de la vie sociale. Avec l’émergence et le déploiement de la société technologique moderne, puis de la société d’hyperinformation contemporaine, les mailles du filet se sont progressivement resserrées. La réduction des distances entre les formes étatiques et leur intégration croissante façonnèrent progressivement un monde nouveau, sans que personne n’y voit l’effet d’un processus d’évolution sociale non programmée et à long terme. Les sociologues étant habitués à penser en termes de processus sociaux, ne distinguèrent pas clairement et nettement que ce mouvement était ce que le grand sociologue Norbert Elias appelle « un rapide processus d’intégration de l’humanité ".
Aujourd’hui, on ne peut nier que, au lieu des différents États, c’est l’humanité tout entière, qui sert de cadre à un très grand nombre de processus d’évolution et de changements structurels.

La confusion du monde actuel vient du fait que nous sommes dans un mouvement d’évolution dont nous ne connaissons ni le sens ni le mode d’emploi. Nous sommes en phase d’apprentissage dans le passage du niveau actuel au niveau supérieur. Nous ne pouvons pas savoir a priori quelle méthode employer pour passer au mieux d’un niveau à l’autre, surtout quand ce niveau est d’échelle planétaire. Le plus souvent c’est des expériences, parfois amères, que les hommes tirent leurs leçons. Il a fallu deux guerres monstrueuses pour entrevoir l’amorce d’une institution centrale internationale et l’esquisse incertaine d’une organisation des États européens. Faudra-t-il une nouvelle expérience tragique –guerre, catastrophe naturelle ?– pour trouver la voie de passage vers le niveau supérieur d’intégration ou inverser radicalement le mouvement ?

Le nous humain n’existe encore qu’à l’état de germe. Parviendra-t-il un jour à se former ? Avec ou sans drapeau. Les hommes commencent seulement à comprendre, mais peut-être est-il déjà trop tard, que les effets de leurs actions peuvent compromettre les conditions de vie de l’humanité dans son ensemble ; ils restent pourtant encore attachés à des habitus sociaux qui résistent à toute poussée d’intégration. Les groupes sociaux qui forment aujourd’hui la planète agissent le plus souvent sans tenir compte de ce phénomène d’évolution non programmée de l’humanité. La notion d’humanité est toujours associée à une forme d’idéalisme sentimental, ce qui entrave tout raisonnement factuel à une époque où les frontières n’existent déjà plus pour les flux économiques et humains, les épidémies ou les bouleversements climatiques. Alors, un drapeau pour changer d’esprit, pourquoi pas ?

Le drapeau de l’humanité en situation :

 

 

 

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