Les jeunes et leur santé : ils ont plus besoin de l’État que des médecins

Les jeunes sont confrontés à des défis importants en termes de santé : sexualité, addictions, éducation à la tolérance, relations sociales et inclusion, … Ils sont demandeurs de solutions d’action pour la prévention et sollicitent l’aide des pouvoirs publics que sont notamment les établissements scolaires, plutôt que les professionnels de santé : la sensibilisation (34 %), la gratuité (19 %) et l’accompagnement externe (14 %) figurent parmi les attentes les plus fortes. 
Les résultats d’une importante consultation citoyenne réalisée auprès d’un panel 16-30 ans expliquent clairement que la prévention santé est un axe majeur à développer, nécessitant accompagnement et suivi, surtout sur les questions liées à la santé sexuelle et corporelle.

Avec cette consultation citoyenne (1) réalisée par la Fondation d’entreprise Ramsay Santé avec Make.org, il est clair que nos jeunes veulent interpeller les pouvoirs publics et leurs établissements scolaires. Interrogés sur les enjeux de santé qu’ils identifient, et sollicités pour proposer des solutions d’action, ils ont été plus de 52 000 à répondre à la consultation citoyenne, entre mai et juillet 2019. Ils ont même formulé 692 propositions dévoilées lors des deuxièmes Rencontres Prévention Santé organisées ce 16 octobre 2019.

Que retenir de cette consultation ?

Les jeunes se sentent principalement concernés par des sujets en lien avec leur santé sexuelle (30 % des réponses) et les addictions telles que tabac, alcool, drogue, etc. (10 %). Ils prônent en priorité des solutions d’action pour la prévention en santé dirigées vers la sensibilisation (34 %) et la gratuité (19 %).
Toutefois, ils ne se considèrent pas eux-mêmes comme acteurs du changement et soulignent le rôle des structures plus que l’action individuelle. Ainsi, seuls 7 % pensent que le changement doit venir d’eux-mêmes, et ils interpellent en priorité les pouvoirs publics et les établissements scolaires (2/3 des propositions) plutôt que les professionnels de santé.

Plus étonnamment, les problématiques liées à l’activité physique, aux écrans ainsi qu’au stress ressortent peu de cette consultation.

Sexualité, hygiène et addictions : les principales préoccupations des jeunes concernant leur santé

Les participants à la consultation ont évoqué en majorité comme enjeux de santé les concernant directement ceux liés à la santé sexuelle et corporelle (30 % des thématiques remontées) : ils aspirent à un meilleur accès à la contraception ainsi qu’aux protections hygiéniques et sont particulièrement demandeurs d’actions de sensibilisation aux risques sexuels.
Parmi les autres sujets évoqués, la problématique des addictions (la régulation de la vente de tabac, d’alcool et de cannabis) et les enjeux d’éducation à la tolérance et l’inclusion (respectivement 10 % et 9 %). Il est par ailleurs à noter que si le sujet des addictions est un sujet qui ressort majoritairement de cette consultation, il suscite de nombreuses controverses sur les actions à mettre en place, et notamment concernant la dépénalisation du cannabis.

Dans des proportions moindres, de nombreux sujets ont été évoqués tels que la prévention du harcèlement dans le cadre scolaire (7 %), où les jeunes demandent davantage d’actions de sensibilisation et de sanctions. Ils réclament également un accès plus facile aux psychologues et appellent à une meilleure formation dès le plus jeune âge pour favoriser la tolérance.

Autre sujet d’inquiétude : le coût d’une alimentation saine (6 %). Il n’est plus à prouver qu’une mauvaise alimentation est associée à la dépression, selon une récente étude parue dans Plos One, où il est démontré que manger plus sain aiderait à réduire les signes de dépression chez les jeunes.

L’accès aux soins et aux professionnels de santé est aussi un sujet de préoccupation : 6 % des jeunes interrogés se disent inquiets sur l’accès aux droits et aux soins, même si l’on sait que l’équité devant l’accès aux soins est une problématique mondiale.
Dans un rapport publié ce mercredi 16 octobre 2019, l’association Médecins du monde réclame un « changement de cap » et une « inflexion des politiques régressives à l’égard des populations les plus fragiles ».
Preuve s’il en faut que les jeunes ont besoin d’être épaulés, une mesure de l’avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020 prévoit d’étendre la contraception gratuite, pour les jeunes filles de moins de 15 ans. Un moyen de limiter le recours aux solutions d’urgence comme l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Le problème des déserts médicaux dans toutes les régions françaises fait partie intégrante des préoccupations de la jeunesse. Pour l’ARS (Agence Régionale de santé), « L’offre de santé et l’accès à des soins de proximité constituent un enjeu majeur d’aménagement du territoire et d’égalité pour la santé ».

La sensibilisation, l’encadrement des prix et l’accompagnement comme vecteurs d’actions prioritaires

La nature des solutions proposées par les participants à cette consultation citoyenne pour inciter les jeunes à mieux prendre soin de leur santé relève essentiellement d’une logique de sensibilisation (34 %) : mieux détecter les risques psychologiques, parler davantage de la sexualité ou du harcèlement. Autant de pistes d’actions qui soulignent la nécessité de renforcer la prévention à la fois dans le cadre scolaire et familial.

Un autre point largement évoqué est celui de solutions à coûts maîtrisés, via des aides et subventions notamment (17 %) : les jeunes sont attentifs aux propositions relatives à la baisse des prix, au remboursement, voire à la gratuité de produits tels que les préservatifs ou les protections hygiéniques.

Troisième levier d’action, les actions d’accompagnement et de coaching sont évoquées chez 14 % des participants. Parents, enseignants, et professionnels de santé́sont ainsi interpellés pour assurer un meilleur suivi des jeunes. Ce point fait écho à un constat fort : si les jeunes se sentent concernés par leur santé, ils ne se considèrent pas comme acteurs du changement. En effet, ils soulignent davantage le rôle des structures plutôt que celui de l’action individuelle pour agir sur leur santé. C’est pourquoi ils plébiscitent un accompagnement de la part de l’externe et notamment de État (34 %) et des établissements scolaires (30 %) et ce, devant les professionnels de santé et établissements de santé (respectivement 11 % et 7 %). Seuls 7 % des jeunes se considèrent eux-mêmes comme acteurs du changement.

Neuf propositions d’actions font consensus

À l’issue de la consultation, Make.org a retenu neuf propositions d’actions, réparties en trois axes, qui font consensus quand on parle de prévention santé chez les jeunes :

 

(1) Méthodologie de la consultation :  Consultation citoyenne réalisée par Make.org pour la Fondation d’entreprise Ramsay Sante ́ du 06/05/2019 au 07/07/2019 pour recueillir les avis et propositions des jeunes sur leurs problématiques de prévention santé. Cette consultation a réuni 52 300 jeunes de 16 à 30 ans ayant formulé 692 propositions de prévention santé.
La méthodologie Make.org repose sur une modération fine des propositions recueillies. Les algorithmes développés par Make.org garantissent à chacune des propositions validées un niveau égal d’exposition, et organisent une compétition entre elles. Grâce à ce roulement permanent, les consultations Make.org sont totalement préservées des phénomènes de trolling massif, et permettent de dégager une véritable émergence populaire.

(2) Source : sondage Odoxa pour la Fondation Ramsay Santé réalisé les 7 et 8 mars 2018

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