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Covid long : l’hypothèse d’une dérégulation de la réponse immunitaire

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La Covid refait parler d’elle. Mais certains patients présentent encore des symptômes persistants plusieurs mois après une infection par le SARS-CoV-2 lors des dernières vagues de l’épidémie. Ce phénomène, désigné communément comme « Covid long » demeure encore assez mal documenté. Afin d’y remédier et d’améliorer la prise en charge des patients, des équipes de recherche, dans une nouvelle étude, ont mis en lumière le rôle d’une dérégulation d’une partie de la défense immunitaire innée : un mécanisme de défense de première ligne contre les pathogènes, pourrait avoir un rôle dans la persistance de symptômes à six mois, chez des patients ayant développé une forme sévère de Covid-19. Les résultats sont publiés dans la revue Journal of medical virology.

Fatigue constante, troubles neurologiques (perte du goût, de l’odorat, maux de tête voire déclin cognitif), troubles cardiaques et respiratoires, troubles digestifs ou encore troubles psychiatriques et manifestations cutanées, … La liste est longue des conséquences de la Covid mais, surtout, cette persistance du virus et de l’inflammation dans certaines zones du corps humain illustre les symptômes de développement d’un syndrome « post-Covid », encore appelé « Covid long » chez des individus atteints par la maladie. Cependant, il manquait encore une définition précise de cette présentation et des critères de diagnostic consensuels, ainsi qu’une compréhension complète des mécanismes mis en jeux, jusqu’aux récents travaux de scientifiques de l’Inserm, en partenariat avec l’Université de Montpellier.

Les neutrophiles constituent la classe de globules blancs la plus abondante et la première ligne de défense contre les virus et les bactéries. Lorsqu’ils sont activés, ils sont notamment capables de produire un mécanisme de défense particulier appelé « pièges extracellulaires » (ou NETs, pour neutrophil extracellular traps). Composés de fibres d’ADN, d’enzymes bactéricides et de molécules pro-inflammatoires, ces pièges extracellulaires contribuent à la lutte contre les pathogènes quand la formation de NETS est amplifiée. Donc de créer un  mécanisme de défense capable de piéger et de détruire les agents pathogènes extracellulaires comme les virus, mais aussi, dans certains cas, de « déclencher une inflammation excessive, délétère pour l’organisme ». Chez certains patients atteints de formes graves de Covid-19, la formation de NETs est amplifiée, ce qui se traduit par des lésions multi-organes. C’est ce que démontraient les derniers travaux de l’équipe du chercheur Inserm Alain Thierry à l’Institut de Recherche en Cancérologie de Montpellier.

Dans leur nouvelle étude, les scientifiques de l’Inserm et de l’Université de Montpellier à l’Institut de Recherche en Cancérologie de Montpellier, en collaboration avec le CHU de Montpellier, ont voulu aller plus loin dans l’étude des biomarqueurs caractéristiques de la Covid-19. Ils ont pour cela analysé les échantillons biologiques de plus de 155 patients. Il s’agissait à la fois d’individus atteints de Covid-19 en phase aiguë non-sévère (hospitalisés) et sévère (placés en soins intensifs), et qui ont eu un bilan post-infection aiguë plus de six mois après leur sortie du service de soins critiques. Ces échantillons ont été comparés à ceux de 122 individus sains.

NETS et auto-anticorps persistant dans l’organisme

Les analyses effectuées dans ce travail confirment que par rapport à des individus sains la production des NETs est plus élevée chez les patients infectés par le SARS-CoV-2. Par ailleurs, les patients présentent une quantité plus importante d’auto-anticorps dits « auto-anticorps anti-cardiolipine ». Produits par le système immunitaire, ces auto-anticorps sont souvent associés à la formation anormale de caillots dans les veines (phlébites) et dans les artères (thromboses artérielles).

Par ailleurs, les données récoltées par l’équipe de recherche suggèrent aussi que cette réponse immunitaire dérégulée se maintient chez les personnes qui présentent des symptômes de Covid long, six mois après une hospitalisation pour forme grave. La production amplifiée et incontrôlée des NETs six mois après l’infection ainsi que la présence persistante des auto-anticorps pourraient expliquer en partie les symptômes du Covid long, via notamment la formation de micro-thromboses.

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« Nos résultats pourraient indiquer la persistance d’un déséquilibre soutenu de la réponse immunitaire innée, et une activité potentielle pro-thrombotique prolongée pouvant expliquer les séquelles de post-infection aiguë ou « Covid long ». Il est nécessaire de poursuivre les recherches afin d’une part de confirmer cela et d’autre part, de mieux comprendre la nature de ce phénomène pouvant être grave et durable, pour améliorer la prise en charge thérapeutique des patients », explique Alain Thierry.

Des travaux de recherche sont d’ores et déjà en cours dans certains laboratoires dans le monde, pour consolider ces données et pour explorer d’autres pistes d’intérêt, dans le but de mieux appréhender le phénomène du Covid long dans toute sa complexité. L’équipe d’Alain Thierry a également déposé une demande de brevet internationale en août 2022.
Source : Communiqué Inserm

Pour aller plus loin :

  • Plateforme numérique « Post COVID NeuroPsy », pour faciliter le diagnostic, le dépistage et la prise en charge des troubles neuropsychiatriques du Covid long.

Photo d’en-tête : Covid-19 : Observation intracellulaire d’épithélium respiratoire humain reconstitué MucilAir™ infecté par le SARS-CoV-2. © Manuel Rosa-Calatrava, Inserm ; Olivier Terrier, CNRS ; Andrés Pizzorno, Signia Therapeutics ; Elisabeth Errazuriz-Cerda  UCBL1 CIQLE. VirPath (Centre International de Recherche en Infectiologie U1111 Inserm – UMR 5308 CNRS – ENS Lyon – UCBL1). Colorisé par Noa Rosa C.

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