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Un antidote à la crise actuelle ? Le rire. Ce sont les scientifiques qui le disent.

Un antidote à la crise actuelle ? Le rire. Ce sont les scientifiques qui le disent

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Par ces temps de crise, de morosité et d’anxiété, nous n’avons pas beaucoup d’occasions de rire. Pourtant, si nous voulons nous porter mieux, physiquement et mentalement, le rire est le meilleur des médicaments. Un vaccin efficace à 99.9 % pour améliorer nos défenses. On le sait depuis toujours que rire fait du bien. Mais aujourd’hui les scientifiques savent pourquoi et comment fonctionne le mécanisme du rire dans notre organisme.  

Ces ricanements, ces gloussements, ces éclats incontrôlés peuvent sembler des futilités. Mais le rire, est tout sauf futile ; il demande en fait beaucoup de travail, car il active de nombreuses zones du cerveau : des zones qui contrôlent les traitements moteurs, émotionnels, cognitifs et sociaux. Le rire n’est pas seulement le propre de l’homme ; il est la clé de l’amélioration de notre bien-être non seulement mental mais aussi physique.

Le pouvoir physique du rire

On commence à rire dès l’enfance, lorsque cela aide à développer les muscles et la force du haut du corps. Le rire n’est pas seulement une question de respiration. Il repose sur des combinaisons complexes de muscles faciaux, impliquant souvent des mouvements des yeux, de la tête et des épaules.

Le rire — que l’on rit soi-même ou que l’on regarde quelqu’un rire — active de multiples régions du cerveau : le cortex moteur, qui contrôle les muscles, le lobe frontal, qui vous aide à comprendre le contexte, et le système limbique, qui module les émotions positives.

En activant tous ces circuits, on renforce les connexions neuronales et on aide un cerveau sain à coordonner son activité. Et en activant les voies neurales des émotions comme la joie et la gaieté, le rire peut améliorer votre humeur et rendre moins intense votre réponse physique et émotionnelle au stress.

Ainsi par exemple, le rire peut aider à contrôler les niveaux cérébraux du neurotransmetteur sérotonine, comme le font les antidépresseurs. En minimisant les réactions de votre cerveau aux menaces, il limite la libération de neurotransmetteurs et d’hormones comme le cortisol qui peuvent, avec le temps, perturber les trois systèmes : cardiovasculaire, métabolique et immunitaire.

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Le rire est un peu comme un antidote au stress, cause majeure de l’affaiblissement de ces systèmes et de l’augmentation de notre vulnérabilité aux maladies.

La puissance cognitive du rire

Un bon sens de l’humour et le rire qui s’ensuit dépendent d’une bonne dose d’intelligence sociale et de ressources de la mémoire de travail. Le rire, comme l’humour, est généralement l’étincelle qui permet de reconnaître les incongruités ou les absurdités d’une situation.

Pour cela, il faut résoudre mentalement le comportement ou l’événement déclencheur du rire. Sinon on ne rit pas ; on est confus parce qu’on n’a pas compris. Déduire les intentions des autres et adopter leur point de vue renforce l’intensité du rire et l’amusement ressenti. Ainsi, pour « obtenir » une bonne blague ou une situation comique, vous devez être capable de voir les choses sous un autre angle, plus légèrement. Vous devez accepter que d’autres possibilités que le littéral existent.

Le pouvoir social du rire

De nombreuses compétences cognitives et sociales se conjuguent pour déterminer quand et pourquoi le rire se produit pendant les conversations. Vous n’avez même pas besoin d’entendre un rire pour pouvoir rire. Dans leur langage, les sourds ponctuent leurs phrases du signe du rire, un peu comme les émoticônes d’un texte écrit.

Le rire crée des liens et accroît l’intimité avec les autres. Le linguiste Don Nilsen souligne que les rires et les fous-rires se produisent rarement lorsqu’on est seul : car le rôle social du rire est fondamental. Dès le plus jeune âge, le rire des nourrissons est un signe extérieur de plaisir qui contribue à renforcer les liens avec les personnes qui s’occupent d’eux. Plus tard, c’est un signe extérieur de partage d’une appréciation de la situation. Par exemple, les orateurs et les comédiens essaient de faire rire pour que le public se sente psychologiquement plus proche d’eux, pour créer une intimité.

En vous exerçant à rire un peu chaque jour, vous pouvez améliorer des compétences sociales qui ne vous viennent peut-être pas naturellement. Lorsque vous riez en réponse à l’humour, vous partagez vos sentiments avec les autres et répondez à un challenge : celui que votre réponse soit acceptée/partagée/enviée par les autres et non pas rejetée/ignorée/transformée.

Dans des études, des psychologues ont constaté que les hommes ayant des caractéristiques de personnalité liées à la compétitivité et la suractivité, ont tendance à rire davantage, tandis que les femmes ayant ces caractéristiques rient moins. Les deux sexes rient plus avec les autres que lorsqu’ils sont seuls.

La puissance mentale du rire

Les chercheurs en psychologie positive étudient comment les gens peuvent vivre une vie enrichissante et s’épanouir. Le rire produit des émotions positives qui mènent à ce genre d’épanouissement. En effet, ces sentiments — comme l’amusement, le bonheur, la gaieté et la joie — renforcent la résilience et augmentent la pensée créative. Ils augmentent le bien-être subjectif et la satisfaction de vivre.

Les chercheurs constatent que ces émotions positives vécues avec humour sont en corrélation avec l’appréciation du sens de la vie et aident par exemple les personnes âgées à regarder le bon côté des difficultés qu’elles ont rencontrées au cours de leur vie.

Le rire en réponse à l’amusement est un mécanisme d’adaptation sain. Lorsque vous riez, vous vous prenez moins au sérieux, et dès lors, vous renforcez votre capacité à résoudre des problèmes. Par exemple, les psychologues ont mesuré la fréquence et l’intensité du rire de 41 personnes sur une période de deux semaines, ainsi que leur niveau de stress physique et mental. Ils ont constaté que plus les rires étaient nombreux, plus le stress rapporté était faible. Que les rires soient forts, moyens ou faibles n’avait pas d’importance.

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Un nombre croissant de thérapeutes préconisent l’utilisation de l’humour et du rire pour aider leurs patients à rétablir la confiance et à améliorer leur environnement de travail. Un examen de cinq études différentes a révélé que les mesures du bien-être augmentaient significativement après des épisodes de rires. Parfois appelées « homeplay« , ces interventions prennent la forme d’activités humoristiques quotidiennes — s’entourer de personnes drôles, regarder une comédie qui vous fait rire ou écrire trois choses drôles qui se sont passées aujourd’hui.

Vous pouvez vous entraîner à rire même lorsque vous êtes seul. Adoptez délibérément une perspective qui apprécie le côté drôle des événements. Le yoga du rire est une technique qui consiste à utiliser les muscles de la respiration pour obtenir les réactions physiques positives du rire naturel par un rire forcé.

Une plus grande expérimentation psychologique autour du rire ou des contextes dans lesquels il se produit soutiendra probablement l’importance du rire tout au long de la journée, et peut-être même suggèrera-t-elle plus de moyens pour en exploiter intentionnellement les bienfaits.

Janet M. Gibson, professeur de psychologie cognitive, Grinnell College, auteur de « An Introduction to the Psychology of Humor« 

Cet article a été publié la première fois par The Conversation USA

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