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Le glyphosate créerait des biomarqueurs dans l’organisme qui se transmettent de génération en génération
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Le glyphosate créerait des biomarqueurs dans l’organisme qui se transmettent de génération en génération

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Ce que nous mangeons aujourd’hui pourrait affecter directement la santé de nos petits-enfants. Une nouvelle étude révèle que l’exposition au glyphosate, un désherbant largement contesté mais néanmoins utilisé surabondamment, entraîne des modifications génétiques chez les rats qui peuvent être liées à une augmentation des maladies chez leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants.

L’étude publiée ce 9 décembre dans la revue Scientific Reports fournit la preuve que les modifications du sperme induites par le glyphosate chez les rats exposés pourraient être utilisées comme biomarqueurs pour déterminer la propension des générations suivantes aux maladies de la prostate et des reins ainsi qu’à l’obésité et à contracter plusieurs maladies à la fois. En fait, au moment où les rats des troisième et quatrième génération dont les prédécesseurs avaient été exposés à la substance chimique étaient d’âge moyen, 90 % d’entre eux présentaient un ou plusieurs de ces problèmes de santé, un taux nettement plus élevé que celui du groupe de contrôle.

Bien que menée sur des échantillons réduits, l’étude, qui a testé des groupes générationnels d’environ 50 rats chacun, fournit une preuve de concept qui pourrait conduire à un nouvel outil de diagnostic médical, a déclaré Michael Skinner, l’auteur correspondant de l’étude publiée dans la revue Epigenetics le 9 décembre.

« Bien que nous ne puissions pas réparer ce qui ne va pas chez l’individu qui est exposé, nous pouvons potentiellement l’utiliser pour diagnostiquer si une personne a une plus grande chance de contracter une maladie des reins ou de la prostate plus tard dans sa vie, et ensuite prescrire une thérapie ou un changement de mode de vie pour aider à atténuer ou à prévenir la maladie », a déclaré Skinner, professeur de sciences biologiques à l’Université de l’État de Washington.

Toxicité générationnelle

Cette étude fait suite à un article paru en 2019 dans Scientific Reports, dans lequel le laboratoire de Skinner a démontré la capacité du glyphosate à favoriser la transmission transgénérationnelle de la maladie chez les souris.

Le glyphosate est largement utilisé dans l’agriculture et commun dans l’alimentation humaine. Des recherches antérieures ont indiqué que ce produit chimique a une toxicologie limitée pour ceux qui l’ingèrent, car il a une courte demi-vie et se décompose rapidement dans l’organisme. Cependant, les recherches de Skinner et d’autres études sur les animaux ont fourni la preuve que les effets sur la santé du glyphosate et d’autres produits chimiques peuvent être transmis aux générations suivantes.

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Dans la présente étude, l’équipe de recherche a poussé ces conclusions plus loin en identifiant les modifications génétiques du sperme des rats causées par le produit chimique. Les spermatozoïdes ont une propriété unique dans leur ADN, un groupe de protéines appelées histones qui sont reliées comme des perles sur une corde. Skinner et ses collègues ont découvert que l’exposition au glyphosate entraîne l’accumulation par le sperme de centaines de nouveaux sites de rétention des histones, et ils ont corrélé ces histones à des maladies spécifiques dans les générations suivantes.

« Nous devons changer notre façon de penser la toxicologie », a déclaré M. Skinner. « Aujourd’hui, dans le monde entier, nous n’évaluons que la toxicologie de l’exposition directe ; nous ne prenons pas en compte la toxicité des générations suivantes. Nous avons une certaine responsabilité envers nos générations futures ».

Le glyphosate est partout

L’étude se concentre sur le sperme, mais les chercheurs prévoient la même capacité à trouver des marqueurs dans la lignée germinale ou les ovules féminins. Des recherches supplémentaires sont nécessaires, en commençant par reproduire cette étude sur de plus grands groupes d’animaux, ce qui permettrait de déterminer plus précisément les taux de susceptibilité à la maladie. En fin de compte, l’objectif serait de produire des tests de diagnostic pour les humains, mais reproduire les études chez les humains sera difficile, simplement parce que le glyphosate est omniprésent dans notre alimentation, a déclaré M. Skinner. « Actuellement, il est très difficile de trouver une population qui ne soit pas exposée au glyphosate pour avoir un groupe témoin à comparer », a-t-il observé.

Cette étude confirmerait la toxicité générationnelle du glyphosate. Néanmoins, ce produit continue à être utilisé partout et singulièrement en France. Le président Macron avait pourtant pris l’engagement d’interdire « définitivement » cette substance. En décembre 2017, le président avait « demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans ». Une promesse en l’air puisque l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a autorisé le 8 octobre dernier cinq désherbants contenant du glyphosate : le Gallup 360 K, le Krypt 540, le Kyleo, le Touchdown foret et le Touchdown system 4.

Le 4 décembre dernier, dans une interview donnée au média en ligne Brut, le président Macron a reconnu que la sortie du glyphosate était un « échec collectif », reportant la responsabilité sur les tergiversations européennes. Il n’en demeure pas moins que le glyphosate continue a être utilisé au point que chacun d’entre nous en portons les molécules au plus profond de notre organisme. Et qu’aujourd’hui nous savons que nous transmettons cette substance toxique à nos descendants pour plusieurs générations.

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