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Environnement sonore : l’enfer, c’est le bruit des autres

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A l’occasion de la 20ème édition de la Semaine du Son de l’Unesco qui se déroule à Paris puis dans toutes les régions françaises du 16 au 29 janvier, Ecophon Saint-Gobain, en partenariat avec OpinionWay, a sondé les Français sur leur perception du bruit dans les restaurants et les bars. L’intensité du bruit peut-elle aller jusqu’à gâcher toute la convivialité et le plaisir de leurs sorties ? Les résultats sont sans appel.

Les Français, et de manière surprenante, plus encore les jeunes, associent massivement le niveau sonore des restaurants et bars à une nuisance sonore. Un désagrément qui les pousse même à fuir les lieux qu’ils considèrent trop bruyants. Des solutions existent pourtant pour réduire le niveau sonore de ces lieux.

L’enfer, c’est le bruit des autres pour 6 Français sur 10

Dans les restaurants, les cafés et les bars, le bruit est une nuisance que la clientèle cherche à fuir. 81% des Français confient éviter au moins un de ces lieux de restauration s’il est bruyant. Le calme est particulièrement attendu (75% des Français) dans les restaurants, afin de pouvoir profiter de leur repas et de leur compagnie.

Les Français sont également attentifs au volume sonore lorsqu’ils choisissent un café (68%). Même dans les bars, endroits habituellement plus animés, l’excès de bruit n’est pas le bienvenu (63%). Si les seniors sont les premiers à fuir le bruit, il faut noter que la jeunesse a beau être associée au goût de la fête et des sorties, une large partie des 18-24 ans se montre rétive au vacarme : 44% des plus jeunes évitent même les ambiances trop bruyantes dans les bars !

Les bruits qui énervent les Français sont avant tout ceux des autres. 60% d’entre eux désignent ainsi comme principal irritant les discussions des tables voisines, devançant de loin les autres sources de bruit. Les sons produits par la mastication des autres clients sont également cités (21%), tout comme les tintements de vaisselle (18%). Un tiers des Français pointe les bruits provenant des toilettes (31%), tandis qu’une proportion semblable désigne la circulation dans la rue comme principal désagrément sonore (33%). Pour finir, 29% se déclarent être dérangés par la musique.

Plus qu’une nuisance, un danger pour 3 Français sur 4

L’excès de bruit ne reste pas sans effet : 3 Français sur 4 disent avoir déjà subi des conséquences négatives du fait du manque de bien-être sonore dans les lieux de restauration. Ces conséquences peuvent être sociales, empêchant les clients de profiter d’un moment avec leurs proches (58%), allant même jusqu’à gâcher une soirée (43%). Le bruit a même déjà fait perdre leurs moyens à certains, que ce soit lors d’un rendez-vous amoureux (11%) ou professionnel (9%).

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L’excès de bruit dans les restaurants et bars est aussi responsable de symptômes physiques : maux de tête (49%), voire profonde fatigue (35%), stress (21%) et même jusqu’à des sentiments de déprime (11%).

Loin d’être anodin, le bruit est donc un ennemi capable de transformer un moment de convivialité en véritable épreuve. Est-ce un effet de leur plus grande exposition au bruit ? Les 18-24 ans sont ceux qui souffrent le plus de ses effets néfastes ! 82% ont déjà subi au moins une conséquence du bruit, dont des problèmes physiques : maux de tête (67% d’entre eux contre 49% au global), fatigue (57% contre 35%), 1/4 des jeunes s’étant déjà senti déprimés à cause du brouhaha (24%, soit 13 points de plus que la moyenne).

Une écrasante majorité de Français estiment que les plus exposés au bruit sont les professionnels de la restauration avec 76% qui estiment que les nuisances sonores entrainent des effets néfastes sur leur santé dont 63% des risques de surdité, 60% de dépression.

L’ambiance sonore, un critère pour revenir dans un restaurant pour 94% des Français

Le bruit peut être un véritable répulsif. Ainsi, 65% des Français ont déjà renoncé à un lieu de restauration en raison d’un niveau sonore trop important. Plus de la moitié a déjà renoncé à entrer dans un restaurant, un café ou un bar (54%) ou a refusé d’y retourner (53%). Signe de l’importance de l’ambiance sonore, certains sont allés jusqu’à abandonner une expérience déjà entamée : 3 Français sur 10 ont déjà quitté un endroit alors qu’ils étaient installés (29%), et même, bien que cette pratique soit moins répandue, 16% alors qu’ils avaient déjà commandé.  

Le confort acoustique est finalement un enjeu de fidélisation pour les lieux de restauration. Les Français sont quasi-unanimes à ce sujet, avec 94% d’entre eux disant retourner plus facilement dans un restaurant où l’ambiance est calme ou modérée.

« Ce fléau des nuisances sonores notamment dans ces lieux de plaisir et de convivialité que représentent les restaurants et les bars, est au cœur même du thème de notre 20ème Semaine du Son « Savoir écouter, savoir se parler » ! A travers cet événement, je défends l’idée d’une écologie sonore, c’est-à-dire une approche positive du son, élément essentiel de la qualité de vie qui passe par une plus grande maitrise du bruit au profit d’une meilleure écoute. Une approche qui a toute sa place dans les restaurants et les bars ! » analyse Christian Hugonnet, Président de la Semaine du Son de l’Unesco.

Trois questions à Sylvain Coudret, expert acoustique chez Ecophon Saint-Gobain

Pourquoi y a-t-il autant de bruit au restaurant ou dans les cafés ?

Les raisons sont multiples. D’abord parce qu’il y a de nombreuses sources de bruit : les clients qui parlent, les serveurs et les personnes qui vont et viennent, la vaisselle qui s’entrechoque, la musique, … Si ces sons ne sont pas correctement maîtrisés, ils créent rapidement une gêne pour les salariés mais aussi pour les clients.
La conception architecturale peut aussi en être la cause, je pense notamment à la forte présence de matériaux lisses comme le carrelage ou les baies vitrées au contact desquels les ondes sonores « rebondissent ». La densité de personnes dûe au nombre de tables et à la faible distance qui les sépare, engendre également du bruit.

Pourquoi est-ce si important de mieux tenir compte de l’acoustique dans ces lieux ?

Pour deux raisons évidentes. Pour protéger ses salariés et leur assurer un plus grand bien-être au travail en premier lieu. Que l’on soit en cuisine ou en salle, les professionnels de la restauration peuvent être exposés à de fortes nuisances sonores. Cela peut entraîner par exemple de la fatigue ou des maux de tête mais, à plus long terme, des symptômes plus graves comme des troubles auditifs. Pour faire venir les clients et surtout les fidéliser ensuite, de plus en plus de sites de recommandation de restaurants (the Forks par exemple) prennent en compte le niveau sonore comme critère d’évaluation. Avec 94% des Français qui déclarent qu’ils retourneront avec plaisir dans des bars et restaurants si l’ambiance est calme ou modérée, le confort acoustique fait partie intégrante de l’expérience client et a donc un fort impact sur le business !

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Quels types de solutions existe-t-il ? avec quelle efficacité ?

Il y a deux moyens d’agir complémentaires. Des textes réglementaires ou normatifs tout d’abord. Nous sommes justement en train de travailler au sein de la commission AFNOR S30DA, avec l’aide de différents professionnels du secteur, sur un projet de norme visant la qualité acoustique des bars et restaurants. Grâce à ce futur document, les restaurateurs pourront créer ou rénover leurs espaces en prenant en compte la qualité acoustique globale de leur établissement. N’existant pas de réglementation acoustique sur ce sujet, il était pour nous impératif de lancer ce projet de norme, d’autant plus lorsque l’on voit les résultats de ce sondage. Des solutions acoustiques : Le bruit de fond généré par les conversations, les équipements, les va-et-vient des équipes, des clients, peuvent tout à fait être maîtrisés et atténués avec des solutions qui s’installent très facilement, même si le restaurant ou le bar sont déjà existants (ajout de plafonds suspendus acoustiques, îlots flottants acoustiques, etc). Il est bien entendu plus efficace de penser au confort acoustique dès la phase de conception des espaces.
Source : Sondage exclusif Opinionway – Ecophon Saint-Gobain

Une soirée ouverte au public dédiée au thème Agir sur notre environnement sonore urbain se tiendra jeudi 19 janvier à 19h à l’UNESCO. L’occasion de dévoiler les résultats des deux études :

  • Etude Credoc IDF sur la perception du bruit par les Franciliens
  • Etude OpinionWay Saint-Gobain Ecophon sur les Français et le bruit dans les bars et restaurants

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