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L’avenir de la Méditerranée est à un point de bascule

L’avenir de la Méditerranée est à un point de bascule

La Méditerranée est une des régions du monde les plus impactées par les dérèglements climatiques

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« L’avenir de la Méditerranée est à un point de bascule. » Ce constat de François Guerquin, directeur de Plan Bleu, lors de la présentation, mercredi 18 novembre, du Rapport sur l’état de l’environnement et du développement en Méditerranée (RED 2020) fait froid dans le dos. Le bassin méditerranéen est particulièrement vulnérable au réchauffement climatique et risque des dommages irréversibles « mettant en danger la santé et les moyens de subsistance » des populations.

Au cours des dernières décennies, la Méditerranée a été de plus en plus affectée par les pressions anthropiques. La croissance démographique et les modes de production et de consommation non durables ont conduit à une dégradation de l’environnement. Malgré quelques progrès, la croissance économique continue d’accroître la consommation de ressources et les émissions de carbone. La surexploitation des sols et de la mer, en particulier sur la côte, sont préjudiciables à l’environnement. L’exploitation des ressources et des organismes, la pollution et le changement climatique devraient exacerber les fragilités préexistantes en Méditerranée, entraînant des « tensions et des défaillances systémiques multiples » (GIEC, 2014), mettant en danger la santé et les moyens de subsistance.

Cette étude réalisée au sein du programme de l’ONU pour l’environnement et du Plan d’action pour la Méditerranée était particulièrement attendue car elle concerne les 21 pays riverains de la Méditerranée. Ses conclusions sont sans détours : la Méditerranée est surexposée au changement climatique ; elle est en danger. Ainsi, 15 % des décès dans le bassin méditerranéen seraient déjà attribuables à des causes environnementales « évitables » selon les experts.

Le changement climatique en temps réel

Le bassin méditerranéen est sérieusement menacé par le changement climatique et ce, à des niveaux qui dépassent les moyennes mondiales. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) considère que la région méditerranéenne est « extrêmement vulnérable au changement climatique » en raison de l’influence de multiples facteurs de stress et a projeté des éventuelles « défaillances systémiques » (GIEC, 2014) associées par l’exacerbation de fragilités déjà existantes, y compris la forte urbanisation côtière et la capacité d’adaptation limitée des pays côtiers.

Une région qui se réchauffe 20% plus vite que la moyenne mondiale.Le réchauffement de la température de l’air dans le bassin méditerranéen tend déjà vers + 1,54°C par rapport aux valeurs préindustrielles, et les projections annoncent un réchauffement d’environ + 2,2°C lorsque la moyenne mondiale passera le seuil de + 1,5°C. Le réchauffement sera plus évident lors des mois d’été et il est prévu que les vagues de chaleur soient plus fréquentes que par le passé, en particulier à l’est, avec une amplification supplémentaire dans les villes, en raison des « îlots de chaleur urbains ».

Moyenne des anomalies de température. Réchauffement historique de l’atmosphère, dans le monde et dans le bassin méditerranéen. Les anomalies annuelles moyennes de la température de l’air sont indiquées par rapport à la période 1880-1899, le bassin méditerranéen (en bleu) et le monde (en vert) étant présentés avec et sans lissage. (Source : Données de Berkeley Earth citées dans Cramer et al., 2018)
Sécheresses, précipitations intenses et élévation du niveau de la mer.La fréquence et l’intensité des épisodes de sécheresse mais aussi de fortes précipitations se sont déjà accrues depuis 1950 et elles devraient continuer d’augmenter. Un réchauffement global de 2 °C serait vraisemblablement accompagné d’une baisse des précipitations estivales d’environ 10 à 15% dans certaines zones, tandis qu’une hausse de 2 à 4°C impliquerait une baisse de 30% des précipitations au sud de l’Europe, notamment au printemps et en été. Des épisodes de fortes pluies devraient s’intensifier de 10 à 20%, toutes saisons confondues, sauf l’été. La température de l’eau en mer Méditerranée devrait aussi augmenter entre + 1,8°C et + 3,5°C d’ici 2100, avec des hotspots attendus à l’est de l’Espagne et dans la zone Est du bassin. Il faut ajouter à cela que le niveau de la mer devrait monter d’environ 3 centimètres tous les dix ans, une vive augmentation en comparaison de celle connue entre 1945 et 2000 (0,7 millimètres par an), ce qui est similaire aux prévisions d’augmentation du niveau de la mer à l’échelle mondiale.

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Anomalies des températures de la surface de la mer : Anomalies maximales (en haut) et minimales (en bas) de la température de la mer pour la période 2070-2099 (vs. 1961-1990), en °C. (Source : Adloff et al., 2015)

 Le réchauffement de la mer et l’acidification de l’océan devraient avoir des impacts négatifs sur la biodiversité marine et les activités humaines qui en dépendent, tandis que l’activité des vagues et des épisodes de tempête diminuera probablement dans un avenir plus chaud. La hausse de la température de l’eau va : provoquer une augmentation des épisodes de mortalité massive des espèces sensibles (notamment les coralligènes, les éponges et les mollusques), favoriser les espèces ayant une affinité avec les eaux chaudes y compris les non-autochtones aux dépens des espèces qui préfèrent les eaux froides, et causer des épisodes d’hypoxie ou d’anoxie accrus dans des zones côtières étendues.

L’acidification des océans impactera les organismes producteurs de coquilles et de squelettes carbonatés, comme les organismes calcifiants du plancton, et autres organismes pélagiques et benthiques dotés de membres calcaires tels que les coraux, les moules et les éponges, affectant ainsi le tourisme et l’aquaculture.

La sécurité alimentaire en danger. Les experts de l’ONU prévoient que le changement climatique ait des impacts majeurs sur l’environnement terrestre, côtier et marin de la région méditerranéenne. Ces prévisions indiquent une hausse de l’aridité en raison de précipitations réduites et du réchauffement ; un risque accru d’incendies à la fois plus fréquents et plus graves, avec des augmentations prévues de la superficie brûlée comprises entre 40 et 100% ; et des impacts négatifs sur la vie sauvage dans les zones humides, à l’intérieur des terres et sur les écosystèmes d’eau douce en raison de la baisse des niveaux d’eau de pluie et de la qualité de l’eau. Le déclin attendu dans l’intégrité des écosystèmes, de la biodiversité et de la capacité de stockage du carbone conduira à l’érosion et l’épuisement des sols et à la désertification. La productivité des cultures devrait chuter de 21% en 2080 dans tous les pays méditerranéens avec des pics de déclin de presque 40% en Algérie et au Maroc, menaçant la sécurité alimentaire déjà difficile d’une population qui devrait croître.

Risques d’inondations dans des zones à forte densité de population. Les zones côtières de la Méditerranée sont devenues particulièrement vulnérables aux changements climatiques et à la montée du niveau de la mer, en raison de leur forte densité démographique et de leurs infrastructures. Des épisodes de pluies et des sécheresses extrêmes, combinées à la montée du niveau de la mer, contribueront à accroître le risque d’inondations côtières et d’érosion, contribuant à une augmentation des dommages infligés à des infrastructures clés et à des villes fortement peuplées et grandissantes, principalement situées dans des zones côtières.

Densité de la population en Méditerranée : Densité de la population par régions administratives et principales villes dans le bassin versant Méditerranéen. (Source : EUROSTAT, 2018 ; Divisions de statistiques nationales, 2011-2018 ; UNDESA, Perspectives de l’urbanisation mondiale : révision 2018)

Il est prévu que les effets de la hausse du niveau de la mer soient particulièrement importants sur les côtes basses du bassin méditerranéen. Ces risques pourraient être encore plus conséquents le long des rivages sud et est, où les systèmes de surveillance sont limités et où la capacité d’adaptation est généralement plus faible qu’au nord.

L’érosion côtière et les inondations vont générer une perte des terrains côtiers où se situent d’importants sites du patrimoine culturel, avec déjà aujourd’hui 85% des 48 sites de patrimoine culturel mondial de faible altitude menacés d’inondation et 75% d’érosion côtière.

La pollution fait des ravages

Les nutriments, les métaux lourds, les polluants organiques persistants (POP), les pesticides, les hydrocarbures et les déchets marins sont les principaux polluants de la mer Méditerranée. L’eutrophisation représente un problème majeur dans les zones côtières qui sont connues pour être influencées par les apports naturels et anthropiques de nutriments, telles que les golfes du Lion et de Gabès, la mer Adriatique, le nord de la mer Égée et le Nil-Levantin.

Métaux lourds et points chauds.Les niveaux des principaux polluants présentent une baisse, même si certains problèmes majeurs persistent, notamment concernant la présence de métaux lourds dans les sédiments côtiers, et les points chauds connus associés aux zones côtières urbaines et industrielles. Une tendance en baisse a été observée pour les affluents aqueux issus de secteurs industriels spécifiques, tels que la nourriture et les boissons, la production et la transformation de métaux et la production de papier et de bois, tandis que des tendances en hausse ont été observées dans les secteurs de la gestion des déchets et des eaux usées, de l’énergie et des produits chimiques.

Les polluants émergents tels que les additifs du plastique, les cosmétiques, les plastifiants, les nanoparticules et les produits pharmaceutiques, représentent une menace trop peu étudiée pour la santé des écosystèmes et des hommes, et qui mérite pourtant toute l’attention des scientifiques, notamment parce que, à ce jour, les stations d’épuration municipales ne peuvent pas les éliminer.

Le bruit sous-marin est également un problème qui suscite une inquiétude croissante, en raison de ses effets majeurs sur les cétacés, notamment en lien avec des hotspots de bruit identifiés qui chevauchent d’importants habitats de cétacés tels que le Sanctuaire Pelagos et le détroit de Sicile.

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Marées de déchets plastiqueLa mer Méditerranée est l’une des zones les plus touchées par les déchets marins au monde. Plus de 730 tonnes de plastique entrent chaque jour en mer Méditerranée. Ils représentent plus de 95 à 100% des déchets marins flottants et plus de 50% des déchets des fonds marins. Les plastiques à usage unique représentent plus de 60% du total des déchets marins retrouvés sur les plages méditerranéennes, et qui sont généralement produits par les activités de loisirs à la plage. Les principales causes de la pollution plastique comprennent une augmentation de l’utilisation du plastique, des modèles de consommation non durables et des pratiques de gestion des déchets inefficaces et non-efficientes. Moins d’un tiers du plastique produit chaque année dans les pays méditerranéens est recyclé.

Les eaux usées sont aussi une voie importante par laquelle les déchets marins entrent dans la mer. À ce jour, moins de 8% des eaux usées sont soumises à un traitement tertiaire. D’autres sources importantes de déchets marins sont la pêche, le tourisme et la navigation. Les déchets marins ont un effet sur les organismes marins, principalement par le biais de l’étranglement et de l’ingestion, mais aussi de la colonisation et du flottement. Ils ont aussi des effets socio-économiques au travers des coûts de nettoyage, ainsi que de la perte potentielle de revenus et d’emplois issus du tourisme, de la valeur foncière, des activités de loisirs et de la pêche.

La tragédie de l’eau

Les ressources totales en eau renouvelables dans le bassin méditerranéen sont principalement concentrées dans les pays du nord (67%). En 2015, près de 220 millions de personnes souffraient de la rareté de l’eau ou de situations de contraintes hydriques dans les pays méditerranéens, majoritairement dans des pays du Sud-Est de la Méditerranée.

La rareté de l’eau a conduit à une consommation non durable et à des prélèvements excessifs des ressources en eaux de surface et souterraines, ce qui a encore aggravé les pénuries d’eau. Les aquifères sont surexploités, ce qui entraine une pollution des eaux souterraines et l’intrusion de l’eau de mer dans les zones littorales. L’irrigation agricole est le secteur le plus gourmand en eau (55% de la demande totale), suivi par l’énergie et le secteur domestique, les ressources urbaines et rurales en eau potable et les activités touristiques. La demande en eau varie de manière importante pendant l’année et localement, avec des pics de consommation en été, notamment pour irriguer les cultures et pour le tourisme.

En 2050, les projections annoncent que la demande en eau pourrait doubler, voire tripler, notamment au sud et à l’est de la Méditerranée, en raison de la croissance démographique et économique, l’expansion des zones irriguées et l’accroissement des besoins en eau des cultures provoqué par des conditions climatiques plus chaudes et plus sèches. L’agriculture utilise l’eau de manière peu efficace en raison des pertes qui appellent à la modernisation des systèmes d’irrigation. Environ 10 millions de personnes, soit 2% de la population totale de la Méditerranée, n’ont pas accès à un point d’eau potable sûr, ni à des installations d’assainissement, principalement dans les zones sud-est et ce, bien que d’importantes améliorations aient été effectuées.

De l’urgence de corriger les trajectoires

Les rapporteurs de l’ONU notent que des progrès ont été réalisés au cours de la dernière décennie. Des politiques de développement durable, des cadres stratégiques et des plans d’action ont été développés et améliorés. La connaissance sur les écosystèmes et leur rôle pour le bien-être humain s’est accrue.

Cependant, notent-ils, ces progrès n’ont pas suffi à réduire les pressions sur les milieux côtiers et marins de la Méditerranée ni à limiter leur dégradation. Ils n’ont pas permis aux populations côtières méditerranéennes de s’adapter au changement climatique et environnemental actuel et anticipé ni à accroître leur résilience.

Afin d’éviter les défaillances prévues, ils recommandent que les trajectoires actuelles soient « corrigées de toute urgence ». Les transitions vers des trajectoires durables nécessitent selon eux de modifier en profondeur les comportements à tous les niveaux et dans tous les domaines, les principaux moteurs des pressions et dégradations croissantes étant nos modèles de production et de consommation.

Des transitions sont donc nécessaires dans tous les systèmes de production et de consommation et ne peuvent être provoquées par les décideurs à eux seuls, estiment les rapporteurs. Le changement des trajectoires de développement est une responsabilité partagée par toutes les parties prenantes, y compris la société civile, le secteur privé, dont le secteur bancaire et les assurances, la communauté scientifique, les systèmes judiciaires, etc.

Pour les rapporteurs, la recommandation qu’ils font aux 21 États riverains de la Méditerranée est claire : « Encourager la participation et tirer parti de la mobilisation des parties prenantes pour engager un dialogue et des mesures coordonnées améliorera les résultats des politiques à tous les niveaux. La mobilisation actuelle de la jeunesse en faveur du développement durable doit être saisie par les décideurs comme une opportunité de prendre en compte des objectifs de long terme dans les décisions politiques et de les traduire en réformes et investissements de court et moyen termes. »

La menace imminente de dommages graves et irréversibles aux écosystèmes et au bien-être humain qui en découle appelle de toute urgence la mise en œuvre d’actions fortes et cohérentes. Car la Méditerranée, berceau de nos cultures, paysage des mythes fondateurs de nos civilisations, carrefour de trois continents, bassin de vie de 500 millions d’êtres humains, la Méditerranée de Giono, Pagnol, comme celle d’Averroès ou de Maïmonide, la Méditerranée des Romains, des Arabes, des Hébreux, des Grecs, la Méditerranée chantée par Trenet et Brassens, peinte par Matisse, cette Méditerranée est à l’agonie. Il est tout juste temps d’agir encore.

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