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Se libérer du superflu

post-croissance
Se libérer du superflu – Vers une économie de post-croissance de Niko Paech – Edition Rue de l’Echiquier, octobre 2016 – 128 Pages - Préface de Geneviève Azam
 
« Il n'existe pas d'objets ou de techniques en soi écologiques, seuls les modes de vie peuvent l'être. »
 
Voici le texte-manifeste d'une des principales figures du mouvement critique de la croissance en Allemagne, un plaidoyer sans concession pour une économie relocalisée et durable.
Niko Paech démontre que si les citoyens occidentaux jouissent d'un niveau de richesse en biens et en mobilité qui n'a pas de précédent dans l'histoire humaine, c'est au prix d'un saccage des ressources naturelles. Il détaille d'abord le processus contemporain de suppression des limites à la fois géographiques, temporelles et corporelles. Il revient ensuite sur l'histoire de la pensée économique et montre à quel point celle-ci s'est peu à peu détachée de la réalité écologique. Il s'attaque à cette fin au « mythe du découplage » ou de la « croissance verte », et approfondit les différentes formes d' « effets rebonds » : matériel, financier et psychologique.
 
Convaincu qu'une issue est possible pour sauver la planète, l'auteur donne, en fin d'ouvrage, les contours d'une société de « post-croissance » durable et moderne. Au terme de ce parcours, une évidence se fait jour : et si se délester du superflu, tout en allégeant nos consciences, pouvait aussi nous rendre plus heureux ?
 
Un succès international : l’ouvrage est paru en Allemagne en 2012 dans la maison d’édition Oekom qui en a aussi réalisé une traduction anglaise. Tiré à 35 000 exemplaires, "Befreiung vom Überfluss" a acquis dans l’espace germanophone le statut de « classique » de la critique de la croissance.
 
Le livre de Niko Paech illustre la vitalité et la diversité des déconstructions de la religion de la croissance. La post-croissance ou la décroissance sont des concepts à plusieurs dimensions, suscitant une diversité d'interprétations et de propositions, de chemins, alors que le monde présent, toujours orienté vers la croissance infinie et le pilage, est devenu insoutenable. La croissance économique, comme processus régulier, continu, auto-entretenu, appartient au passé, malgré les illusions de la croissance verte et dématérialisée et celles d'un sursaut technologique". Geneviève Azam, économiste
 
"Pour le moment, il est clair que cette économie de post-croissance n'est acceptable qu'aux yeux d'une minorité [...] Mais la transformation des mentalités et des culturs, censée conditionner la transition ves la sobriété - cette transformation dont il est question depuis 40 ans - renvoie en fait à un débat fantôme car cela sup^poserait que nous ayons le choix. L'extrême vulnérabilité de nos existences mondialisées, dépendantes de la croissance, rend leur dépassement si probable que la seule question est de savoir si tout cela se produira "by design or by disaster" (par choix ou sous l'effet d'une catastrophe)."
 
Né en 1960, Niko Paech est un économiste allemand, professeur à l'université d'Oldenburg, cofondateur de l'Association d'écologie économique (Vöö basée à Berlin). Il représente dans son pays le courant de la soutenabilité « forte », critique de la croissance et de toute forme de marketing vert. Il est présenté par de nombreux médias comme la figure du mouvement allemand de « post-croissance ».
 

 

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