Espace

Space X: succès total du lancement de la fusée Falcon Heavy. Objectif Mars permis pour Elon Musk.

Falcon Heavy
Dans un tonnerre apocalyptique de feu et de bruit, SpaceX vient de faire décoller, ce mardi 6 février à 21h50, heure française, sa fusée Falcon Heavy, "la plus puissante au monde". Ce premier lancement opéré depuis Cap Canaveral en Floride a été, dans toutes ses phases une réussite parfaite. C’est le premier jalon de la conquête martienne, rêve fou de son richissime et fantasque patron Elon Musk.
 
Le dirigeant de la société américaine, qui a déjà sensiblement réduit les coûts et révolutionné l'écosystème des lancements spatiaux en faisant revenir ses lanceurs sur terre - et même sur mer -, veut désormais faire rentrer la conquête de l'espace dans une nouvelle ère.
 
Et puisque Elon Musk, entrepreneur de génie qui avait été pris de haut par l'industrie aérospatiale aux débuts de SpaceX ne fait rien comme les autres, il a décidé que le Falcon Heavy aura pour équipage un mannequin en combinaison spatiale au volant d'une voiture électrique rouge cerise : sa dernière Tesla décapotable.
 
La Tesla Roadster rouge 2008 de Musk prête à être expédiée dans l’espace par la fusée Falcon Heavy
 
"J'adore l'idée d'une voiture dérivant apparemment à l'infini dans l'espace et qui sera peut-être découverte par une race extraterrestre dans des millions d'années", avait imaginé l'an dernier M. Musk, qui ne veut ni plus ni moins que coloniser Mars.
 
La destination de ce vol est l'espace lointain, à une distance à peu près équivalente de celle de Mars par rapport au Soleil, où l'engin sera placé en orbite après que les trois lanceurs auront repris le chemin de la terre ferme.
 
Enjeux colossaux
Le lancement a été une réussite mais l’issue n’était pas gagnée d’avance. SpaceX, qui n'avait effectué que des tests statiques, était consciente du risque de pépin. Et Elon Musk, lui-même, avait martelé lundi que cela serait déjà un succès si la fusée "quitte le pas de tir et ne le pulvérise pas en mille morceaux".
Alors, quand les 27 moteurs de la fusée se sont allumés en même temps, les spectateurs de la scène retenaient leur souffle. Une poussée de 2500 tonnes pour arracher ce monstre du sol, c’était du jamais vu. Les premières phases du lancement passées, la mise en orbite de la petite Tesla décapotable partie pour un voyage baroque aux confins de l’espace réussie, le clou du spectacle fut le retour et l’atterrissage parfait, à l’endroit prévu des lanceurs latéraux. Atterrissage en douceur de fusées prêtes à repartir pour un nouveau voyage.
 
La Tesla, dans l'espace, mardi 6 février à 22 h. (heure française). Image Space X
 
Une prudence affichée de Musk était peut-être destinée à conjurer le mauvais sort, mais elle était justifiée par les enjeux colossaux du projet. En termes technologiques, bien sûr, mais aussi au niveau des économies d'échelle qu'une telle réussite peut signifier. En effet, SpaceX affirme que Falcon Heavy "peut lancer deux fois plus de charge utile que la plus puissante fusée en opération existante, la Delta IV Heavy, "à un tiers du prix". Le plus gros et le moins cher lanceur du monde. Selon United Launch Alliance, qui opère les Delta IV, le coût d'un lancement est de 350 millions de dollars.
 
A cela s'ajoute une dimension géostratégique non négligeable. Si SpaceX gagne son pari, la Nasa pourra se passer de l'aide des Russes et de leur vaisseau Soyouz pour envoyer des hommes dans l'espace. Space X a déjà décroché un contrat de 1,6 milliard de dollars avec l'agence spatiale américaine pour approvisionner la Station spatiale internationale.

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Avec sa puissance, seulement surpassée dans l'histoire par la fusée Saturn V de la Nasa qui emporta des astronautes des missions Apollo vers la Lune, le Falcon Heavy pourra mettre jusqu'à 63,8 tonnes en orbite terrestre basse, soit près de trois fois la charge que peut emporter un Falcon 9.
Le lanceur Falcon Heavy, imposant avec ses 70 mètres de haut, repose sur trois boosters réutilisables, chacun constitué de neuf moteurs coniques. Contrairement à la plupart des systèmes de surpression, ces propulseurs ne sont pas destinés à un usage unique. Une fusée qui fera sans nul doute de l’ombre aux projets européens, dont Ariane 6, qui n'utilise pas cette technologie.
 
La fusée Falcon Heavy au moment de son décollage, le 6 février à 21h50
 
Contredisant un communiqué de sa propre entreprise, Elon Musk, dans un vrai langage de rocker, a expliqué lundi que ce ne sera pas en réalité le Falcon Heavy mais la fusée BFR "Big fucking rocket" qui permettra de transporter des humains vers la Lune ou Mars. Le Falcon Heavy ouvre ainsi la voie vers la planète rouge. Car ce que veut Elon Musk, c’est de faire de l'être humain une "espèce interplanétaire" en établissant une colonie sur Mars. À bord de fusées réutilisables et de vaisseaux spatiaux toujours en développement, cent personnes pourraient se rendre sur la planète rouge à chaque voyage.
 
L'objectif est d'y transporter jusqu'à un million de personnes au cours du prochain siècle. Des vols d'essai pourraient débuter d'ici dix ans.
Source : AFP

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