Face à l’accélération du dérèglement climatique, une nouvelle génération d’économistes redéfinit les contours de la discipline. Lauréat 2026 de la 27ème édition du Prix du meilleur jeune économiste, Adrien Bilal s’impose comme l’une des voix les plus marquantes de ce renouvellement, en plaçant le coût réel du changement climatique au cœur de l’analyse économique — aux côtés d’autres chercheurs, eux aussi issus de l’École polytechnique, qui interrogent les liens entre inégalités, fiscalité et transition écologique.
À l’heure où le dérèglement climatique redessine déjà les équilibres économiques mondiaux, le regard des économistes se fait plus que jamais décisif. En distinguant Adrien Bilal comme lauréat 2026 du Prix du meilleur jeune économiste, le jury salue une trajectoire intellectuelle qui place la crise environnementale au cœur de l’analyse économique contemporaine.
Ancien élève de l’École polytechnique (major de la promotion X2010) et docteur de l’université de Princeton, Adrien Bilal enseigne aujourd’hui à Stanford University après être passé par Harvard University. Ses travaux explorent avec rigueur un angle encore insuffisamment intégré aux modèles classiques : le coût réel du réchauffement climatique sur les économies. En développant un cadre d’analyse inédit, il met en évidence l’ampleur des pertes potentielles liées au désordre climatique, qu’il estime à près de 50 % du PIB mondial à l’horizon 2100 — un chiffre qui, à lui seul, souligne l’urgence d’une transformation en profondeur des politiques économiques.
Créé en 2000 par Le Monde et le Cercle des économistes, le Prix du meilleur jeune économiste récompense chaque année un chercheur de moins de 41 ans, français ou exerçant en France. Au-delà de l’excellence académique, il met en lumière des économistes capables de dialoguer avec le réel, d’éclairer les mutations en cours et de proposer des réponses concrètes aux défis contemporains.
L’édition 2026, qui a rassemblé 56 candidatures, confirme la vitalité de la recherche économique française, notamment à travers la forte représentation d’anciens élèves de l’Ecole Polytechnique parmi les lauréats distingués. Parmi eux, Lucas Chancel, professeur associé à Sciences Po, analyse les liens étroits entre développement économique, inégalités sociales et contraintes écologiques. Ses travaux contribuent à repenser la justice sociale à l’aune des limites planétaires.
Autre figure remarquée, Mathilde Muñoz, professeure assistante à l’University of California, Berkeley, s’intéresse aux effets des politiques fiscales sur les stratégies de mobilité des contribuables les plus aisés dans un monde globalisé — un enjeu clé à l’heure où la fiscalité devient un levier central des transitions économiques.
À travers ces parcours, une même ligne de force se dessine : celle d’une économie en prise directe avec les bouleversements du XXIe siècle. En consacrant Adrien Bilal, le Prix du meilleur jeune économiste ne distingue pas seulement une carrière prometteuse ; il acte aussi une évolution profonde de la discipline, désormais sommée de penser l’avenir à l’échelle d’un monde fragilisé.






