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Après l’Italie et l’Allemagne, la France suspend à son tour le vaccin AstraZeneca

Après l’Italie et l’Allemagne, la France suspend à son tour le vaccin AstraZeneca

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Coup de théâtre dans la campagne de vaccination : la France, à son tour, a décidé lundi de « suspendre par précaution » l’utilisation du vaccin AstraZeneca, en attendant un avis de l’autorité européenne du médicament qui sera rendu mardi après-midi, a annoncé Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse. Le chef de l’Etat a dit « espérer reprendre vite » la vaccination avec ce sérum « si l’avis de l’autorité européenne le permet », alors que plusieurs pays européens ont eux aussi suspendu ce vaccin, dont l’Allemagne et l’Italie ce lundi 15 mars.

« L’Autorité européenne, l’EMA, rendra demain après-midi un avis sur le recours à ce vaccin (…) la décision qui a été prise en conformité aussi avec notre politique européenne est de suspendre par précaution la vaccination avec AstraZeneca en espérant la reprendre vite si l’avis de l’EMA le permet », a déclaré le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, à l’issue d’un sommet franco-espagnol. On apprendra quelques heures plus tard que l’Agence européenne des médicaments se prononcera finalement ce jeudi 18 mars sur les soupçons d’effets indésirables liés au vaccin AstraZeneca.

« Risque aggravé » ?

Malgré des campagnes de vaccination poussives et une gestion rocambolesque de la pénurie de doses, une douzaine de pays ont malgré cela suspendu par précaution l’utilisation du vaccin AstraZeneca. Plusieurs signalements d’effets secondaires « possibles » mais sans lien avéré à ce stade avaient en effet été pointés. Après le Danemark, la Norvège ou encore l’Islande, c’est l’Allemagne et l’Italie qui ont annoncé, lundi, la suspension du vaccin du laboratoire anglo-suédois. En Allemagne, cette décision intervient « après de nouvelles informations concernant des thromboses de veines cérébrales en lien avec la vaccination en Allemagne et en Europe », a expliqué un porte-parole du ministère de la santé.

Chaque fois, les autorités sanitaires réagissent à des cas où des personnes vaccinées ont développé des problèmes sanguins parfois mortels, soit des difficultés à coaguler, soit la formation de caillots sanguins (thrombose). D’autres effets secondaires liés à des allergies avaient été déjà signalés. L’Agence européenne des médicaments (AEM) a estimé qu’un lien de causalité était « probable » dans au moins certains des « 41 rapports d’anaphylaxie possible observés parmi environ 5 millions de vaccinations au Royaume-Uni ». Elle fait valoir que des allergies sévères devraient être ajoutées à la liste des effets secondaires possibles du vaccin mais que celui-ci restait sûr. Sans préjuger de sa réunion extraordinaire prévue ce 18 mars pour tirer les conclusions de son enquête sur les liens éventuels entre le vaccin anglo-suédois et l’apparition de caillots sanguins chez des personnes l’ayant reçu, l’Agence fait toutefois valoir que la fréquence de ces problèmes de santé chez les personnes vaccinées « ne semble pas plus importante » que celle observée dans le reste de la population, et qu’elle considère toujours, à l’heure actuelle, que les bénéfices de ce vaccin « sont supérieurs au risque d’effets secondaires« .

Le groupe pharmaceutique anglo-suédois s’évertue de son côté à répéter qu’il n’y a « aucune preuve de risque aggravé » de caillot sanguin entraîné par son vaccin, tandis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’il n’y a « pas de raison de ne pas utiliser » ce vaccin.

Lors d’un entretien sur la plateforme pour fans de jeux vidéo Twitch, le Premier ministre Jean Castex avait estimé dimanche soir qu’il « fallait avoir confiance » dans le vaccin AstraZeneca. « Sinon on aura des retards dans la vaccination, les Françaises et Français seront moins protégés et la crise sanitaire durera longtemps », avait argué le chef du gouvernement, avant d’être démenti, le lendemain par le président de la République.

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Au plus mauvais moment

Alors que la campagne de vaccination se déroule à petite vitesse du fait de la pénurie de doses, ce coup d’arrêt à la vaccination par ce sérum arrive au plus mauvais moment. En effet, si le nombre de malades hospitalisés en France s’est stabilisé (autour de 25 000), la pression sur le système sanitaire reste importante, avec une hausse continue des patients en réanimation : plus de 4 100 désormais, dont plus du quart (1 100) en Ile-de-France. Dans la région capitale, « la situation est inquiétante et on ne s’en cache pas », a relevé le Premier ministre Jean Castex sur le réseau Twitch. Mais il a une fois de plus martelé que si un confinement « n’est pas exclu, il faut qu’on utilise toutes les armes à notre disposition pour l’éviter ». Car, à l’approche de la date anniversaire du premier confinement national, les Français « en ont marre », a souligné le chef du gouvernement.

Face au risque de saturation en Ile-de-France, l’exécutif choisit d’accélérer les évacuations sanitaires. Après trois personnes samedi et trois dimanche, six par jour seront évacuées par voie aérienne à partir de lundi, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Et une « opération plus massive » sera organisée en fin de semaine par TGV médicalisés, a-t-il ajouté, estimant à une centaine au total le nombre d’évacuations sanitaires depuis l’Ile-de-France la semaine prochaine, principalement vers les Pays de la Loire, la Nouvelle Aquitaine et l’Occitanie. Cette opération « chardons » s’ajoutera aux 175 transferts effectués en France depuis fin janvier, pour un total de 1 000 depuis le début de l’épidémie, a précisé le directeur général de la Santé Jérôme Salomon sur BFMTV.

Le directeur médical de crise de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Bruno Riou se veut réservé sur cette question des transferts. Il estime au micro d’Europe 1 que les transferts de patients vers d’autres régions, qui ont débuté ce week-end depuis l’Ile-de-France, ne permettront pas de régler la saturation qui menace. « Ces transferts sont destinés à être une soupape de soulagement », a-t-il jugé. Mais « à partir du moment où on n’a pas une vision sur ce qui va se passer dans les semaines (qui viennent), puisqu’il n’y a pas de décisions importantes qui vont modifier la courbe de l’épidémie, on utilise une partie de notre arsenal thérapeutique probablement un peu tôt par rapport au débordement qui risque d’arriver ».

La suspension du vaccin AstraZeneca ajoute au cafouillage général. La décision du chef de l’Etat intervient alors même que les pharmaciens entraient à leur tour dans la campagne de vaccination. Quant aux médecins, déjà confrontés aux difficultés d’approvisionnement « il va leur falloir suspendre la vaccination avant, éventuellement, de la reprendre d’ici quelques jours. Et expliquer à leur patientèle les raisons de ce nouveau cafouillage » se désole le Quotidien du médecin.

Un épisode qui s’ajoute à une série de déconvenues pour AstraZeneca. Le laboratoire a en effet été contraint d’annoncer une nouvelle baisse de ses livraisons à l’UE d’ici juin, invoquant des problèmes d’exportations. Le groupe voit sa responsabilité « engagée », avec « seulement 25% des doses livrées » à la fin du premier trimestre, a estimé dimanche la ministre française déléguée chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher. Le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton a jugé l’annonce d’AstraZeneca « inacceptable (…), ou en tout cas incompréhensible ».

Avec AFP, Euronews

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