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Le désir de détruire : Comprendre la destructivité pour résister au terrorisme

Le désir de détruire : Comprendre la destructivité pour résister au terrorisme, de Daniel Oppenheim – C&F Editions, mars 2021 – 158 pages

La destructivité pousse les humains à vouloir détruire, objets ou autres humains, y compris eux-mêmes, leurs corps, leurs capacités émotionnelles, leurs repères identitaires. Les terroristes savent s’appuyer sur les conséquences de cette destructivité chez les adolescents, les adolescentes et les jeunes adultes fragiles pour recruter.

L’auteur s’appuie sur sa longue expérience de psychanalyste pour développer une réflexion originale sur la tentation actuelle, inquiétante, de la destructivité en actes chez de nombreux adolescents, adolescentes et jeunes adultes et sur les moyens de la limiter. Il en montre les causes et les mécanismes ainsi que les effets traumatiques durables chez les victimes et leurs descendants.

L’analyse des barbaries du XXe siècle ainsi que celle de six œuvres littéraires majeures contribuent à cette réflexion.

Ce livre s’adresse à celles et ceux qui sont préoccupés par le développement de la destructivité en actes chez de nombreux jeunes.

Ce livre entre en écho avec un long et impressionnant article du journal Le Monde : « Les adeptes du candomblé, une religion afro-brésilienne, persécutés par les pentecôtistes et les narcotrafiquants au Brésil » par Bruno Meyerfeld.

L’article décrit ce qui se passe dans les favélas brésiliennes : les gangs, aidés par les églises pentecôtistes, cherchent à décimer les adeptes du candomblé pour assurer et maintenir le chaos dans les zones sous leur contrôle. Comme tous les terrorismes, ces mafias ne cherchent pas à prendre un pouvoir qui les obligerait à assurer les besoins des populations (ce qu’à bien montré l’échec de Daech). Ils cherchent au contraire à créer un chaos qui détruise les volontés des gens et les empêche de construire une vie normale. Dans ce chaos, la loi du plus fort, armé, avide et sans conscience va forcément s’imposer.

Le candomblé est, de son côté, non seulement une pratique religieuse, mais aussi, et certainement surtout, comme le montre Daniel Oppenheim dans son livre, un moyen d’accorder les personnes en déshérence avec le monde, pour les réintroduire dans la société humaine. Les orishas et les cérémonies de transe servent cela.

Pour le psychanalyste, « Le candomblé permet de se confronter dans un cadre restreint et collectif, aux questions fondamentales et au trouble qui en découle. […] Le candomblé joue ainsi un rôle préventif et thérapeutique aussi bien des dérives sociales que des troubles psychiques ». Il représente un exemple, avec la résistance civile, du type d’engagement social et psychologique nécessaire pour se confronter au terrorisme en partant des ruptures mentales qui transforment des jeunes gens en adeptes de la destruction sans objectif.

Il y a bien d’autres éléments dans ce livre qui incitent à concevoir la lutte anti-terrorisme en cherchant à couper l’herbe sous les pieds des groupes du chaos. Comprendre, pour l’évacuer, la destructivité qui git au fond de chacun (la « pulsion de mort » décrite par Freud). Une pulsion qui prend une disproportion intense chez certaines personnes qui peuvent alors devenir les petits soldats des groupes terroristes.

Daniel Oppenheim est psychiatre et psychanalyste depuis le début des années 1970. Il a travaillé principalement dans des lieux institutionnels à Paris, en banlieue et en province. Il a publié 14 livres et plus de 400 articles.
Ses travaux ont porté sur la barbarie biologique (celle du cancer et du handicap sévère) et sur la barbarie collective humaine et ses séquelles.
Le présent livre est dans la continuité de ceux qui l’ont précédé pour aborder l’un des problèmes cruciaux de notre époque, la destructivité en actes et la séduction qu’elle exerce chez nombre de jeunes.

Lire un extrait

Pour aller plus loin :

  • Didier Epsztajn en a parlé dans son blog « Entre les lignes, entre les mots » : « La solidarité protège plus que le chacun pour soi » 
  • Sur le même sujet, un article de Médiapart montre la tension qui existe entre l’approche psychologique et l’approche répressive dans le traitement du terrorisme : « La psychiatrie est confrontée aux injonctions de l’antiterrorisme », 1 juin 2021, par Caroline Coq-Chodorge.

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