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Eolien flottant, la nouvelle frontière des énergies marines ?

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L’installation cet été au large des côtes écossaises de cinq éoliennes Hywind marquerait-elle les débuts historiques de l’éolien flottant, même si l’expérimentation de Hywind avait déjà démarré en 2009 en Norvège ? Les parcs offshore sont nombreux chez les Anglais, Belges, Hollandais, Allemands, Danois et ils produisent depuis déjà plusieurs années. Qu’en est-il de la France ? A l’occasion de la seconde édition du FWP (Floating Wind Power) Atlantic Forum, événement international dédié au développement industriel de l’éolien flottant, qui se déroulera du 2 au 4 octobre 2017 à Saint-Nazaire et à Lorient, porté par les Régions Pays de la Loire et Bretagne, Louis Schweitzer, Commissaire général à l’investissement, nous propose ici une Tribune Libre.
 
La région Bretagne et la Région des Pays de la Loire ont choisi de s’engager dans la construction d’une véritable filière industrielle des énergies marines renouvelables : Depuis le port de Brest, capitale maritime de la Bretagne, la Région investit pour écrire une nouvelle page de son histoire atlantique sur les énergies marines. Depuis 2015, trois hydroliennes y ont été assemblées, celles de EDF-DCNS et celle de Sabella. Une partie des éoliennes flottantes du projet Eolfi y sera conçue.
Dès 2018, de nouvelles surfaces portuaires aménagées par la Région verront le jour à Brest pour accueillir ces activités industrielles liées aux différentes filières EMR. Et c’est de ce nouveau polder que les éoliennes flottantes partiront pour être ancrées au large de l’île de Groix au printemps 2021(1), ce qui représentera la consommation électrique de 20 000 foyers.
Tous les ingrédients semblent donc réunis pour structurer avec succès la filière industrielle naissante de l’éolien flottant dans cette région : composantes géographiques, atouts industriels, connaissances scientifiques et techniques, volonté politique.
Avec une puissance installée de l’ordre de 12 000 MW à fin décembre 2016, la filière éolienne française se situe, aujourd’hui après 15 années de soutien public, au 4e rang européen. Et les ambitions sont élevées : la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) officialisée fin 2016 prévoit, en estimation basse, un doublement de la capacité installée d’ici à 2023, confortant le rôle majeur tenu par l’éolien dans la stratégie hexagonale de transition énergétique.
La baisse des coûts de l’éolien en mer, l’existence de gisements abondants et de qualité, les problématiques de gestion de l’équilibre offre-demande d’électricité, les opportunités de structuration d’une filière locale, ainsi que les contraintes spatiales pouvant limiter le déploiement de parcs à terre sont quatre facteurs qui poussent les pays à promouvoir le développement de l’éolien en mer. C’est le cas avant tout de l’Europe, qui devrait ainsi rester leader de ce marché, avec plus de 60% du parc installé en mer à 2030.

 
 
L’éolien en Europe, une croissance incontestable : Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 6,1 gigawatts (GW) d’énergie éolienne supplémentaire ont été installés en Europe au premier semestre 2017 (Source : WindEurope, juillet 2017). Parmi ceux-ci, 4,8 GW de capacité éolienne terrestre et 1,3 GW de capacité éolienne en mer (éolien posé pour l’essentiel).
L’éolien en mer fait ainsi partie des principales tendances en matière de transition énergétique. De plus en plus compétitif, il produirait jusqu’à deux fois plus d’énergie que l’éolien terrestre.
 
« Le Programme d’investissement d’avenir a, en 2016, investi 300 millions d’euros dans le secteur de l’éolien flottant, dans le cadre d’un engagement financier global de l’État de plus d’un milliard. La puissance publique a donc souhaité envoyer aux acteurs privés un signal fort quant à l’émergence de ce marché.
L’objectif du Programme d’investissements d’avenir et de ces financements est de constituer des filières industrielles capables de réussir sur ce marché en émergence, qu’il soit en France ou à l’export. Ses trois objectifs principaux sont l’excellence, l’innovation et la coopération. Les consortiums qui se sont constitués en réponse à l’appel à projets y répondent entièrement.
Il ne faut cependant pas aujourd’hui considérer que l’essentiel est fait, bien au contraire. Il reste encore à réaliser la notification communautaire des aides d’État, exercice engagé avec les partenaires des projets, à lever les risques dans le cadre des études avant la décision finale d’investissement, et enfin à réaliser les projets.
La fin de l’année 2016 et le début de l’année 2017 ont été essentiellement consacrés à la contractualisation avec les porteurs de projets. Je souhaite réaffirmer la stratégie du PIA pour les 4 fermes pilotes que nous finançons, à savoir la vitesse avec laquelle ces fermes devront être opérationnelles. En effet, dans le domaine des énergies renouvelables, et notamment des énergies marines, la concurrence avec les autres technologies doit nous inciter collectivement à ne surtout pas perdre de temps.
Si l’éolien offshore flottant représente une nouvelle frontière dans le domaine des énergies marines, il ne faut pas sous-estimer la capacité des autres technologies de production d’énergies renouvelables à avancer rapidement.
Cette technologie dispose cependant d’atouts majeurs : le premier est que l’éolien offshore flottant s’appuie, pour les aérogénératrices, sur les développements déjà réalisés pour l’éolien offshore fixe.
Certes, dire que l’éolien offshore flottant ne serait que de l’éolien offshore standard où le mât serait remplacé par un simple flotteur serait une vision bien évidemment réductrice de toutes les difficultés, de tous les risques qui restent à lever : faire fonctionner des objets de plusieurs centaines de tonnes et de plusieurs centaines de mètres de diamètre dans un milieu aussi hostile que peut l’être la mer.
Le second est bien évidemment la compétence des acteurs français et plus largement européens dans le domaine de l’offshore en général. En termes d’acteurs, les industriels du secteur du parapétrolier et du paragazier trouvent dans ce nouveau marché une occasion de valoriser leurs compétences historiques. Les PME et des ETI se positionnent avec une prise de risque qui reflète une audace entrepreneuriale que je souhaitais saluer.
La notification communautaire des aides d’État est la prochaine grande étape dans le domaine des fermes pilotes éoliennes flottantes et, j’espère, mais je ne suis pas trop inquiet, l’autorisation de la Commission européenne en 2018.
Mais le véritable enjeu se situe dans la capacité qu’auront les fermes pilotes à convaincre le marché, qu’il soit national mais surtout international, de la pertinence de cette technologie.
C’est pourquoi, au-delà de l’objectif de rapidité, il ne faut pas oublier celui de la réduction ou de la maîtrise des coûts d’investissement et de fonctionnement.
C’est un sujet sur lequel nous sommes en phase avec les partenaires des projets. Non seulement pour des motifs de nécessaire économie de l’argent public, mais aussi et surtout parce qu’il en va de la crédibilité du déploiement sur les marchés internationaux de cette technologie.
Comme dans toute aventure industrielle, il y a une prise de risque majeure pour l’ensemble des acteurs qu’ils soient publics ou privés.
C’est le rôle du Programme d’investissements d’être à vos côtés pour accompagner cette prise de risque car nous sommes, j’en suis persuadé, sur le point d’entrer dans une nouvelle ère énergétique. Si demain les énergies renouvelables deviennent un élément majeur du paysage énergétique, ce ne sera pas sur la base de la seule volonté politique, mais bien parce que les solutions développées dans le cadre de cette transition sont économiquement les meilleures. Je fais le vœu que l’éolien flottant en fasse partie ! »
 
Louis Schweitzer, Commissaire général à l’investissement
 
(1) La zone d’implantation retenue, d’une surface de 17 km², se situe à 11 km au sud de Groix et 25 km au nord de Belle-Ile.

 
Salon FWP – Floating Wind Power du 2 au 4 octobre 2017
 
Pour aller plus loin :
 

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