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Notre sélection de livres

La mort est en train de changer

Ce livre se fonde sur le constat d’une défaite générale. C’est un essai de navigation dans une mer démontée. La mer de l’être en perte d’humanité. Il est travaillé avec une barque et deux rames : l’une pour sentir, l’autre pour penser. L’une pour contrer l’injustice, l’autre pour contrer la haine. Les deux contre le courant d’un gigantesque mensonge. Le mouvement consiste ici à ne pas choisir un mal contre l’autre. À refuser les termes officiels du débat et du langage politique. À voir de quelle manière la bêtise et l’intelligence œuvrent ensemble à la mise à sac de la pensée.

Plaidoyer pour la rhétorique

Maurice Garçon compte parmi les avocats français les plus illustres du XXᵉ siècle. Ses plaidoiries témoignent de dons oratoires hors pair, où l’érudition le dispute à une maîtrise exceptionnelle de la rhétorique. Il plaide ici une défense de l’art de persuader par la parole. L’auteur, avocat et académicien, y soutient l’idée que la rhétorique n’est pas une manipulation trompeuse, mais une compétence essentielle de la vie intellectuelle, politique et judiciaire.

Eaux vives – Pour une hydrologie régénérative

Dès les premières lignes de Eaux vives, l’autrice place le lecteur face à un paradoxe devenu caractéristique de notre époque : l’eau est à la fois trop rare et trop abondante. Cette tension entre sécheresses prolongées et crues soudaines constitue le fil conducteur de l’ouvrage. Charlène Descollonges introduit un concept central pour comprendre la suite de son analyse : l’hydrologie régénérative qui propose une transformation profonde de la manière dont les sociétés gèrent l’eau et aménagent leurs territoires.

À l’origine des savoirs de l’Anthropocène

En 1965, les chercheurs Claude Lorius et Bill Budd prennent l’apéritif en Antarctique. Ils plongent quelques morceaux de glace dans leur whisky tirés du carottage réalisé dans la journée, à une centaine de mètres de profondeur. En regardant les bulles d’air libérées par la glace, Claude Lorius a la brusque intuition qu’elles pourraient contenir les archives des différentes composantes de l’atmosphère.
C’est le début d’une odyssée scientifique et géopolitique de collaboration avec des collègues américains et russes qui révolutionne notre compréhension de l’histoire et nous permet de comprendre le réchauffement climatique de nature anthropique et la funeste trajectoire actuelle du système Terre dans l’Anthropocène…

L’Europe, un Etat qui s’ignore

Le paradoxe souligné par l’auteur est que l’« État européen » reste largement invisible dans les représentations politiques. Les citoyens continuent de s’identifier principalement à leur État national, et l’Union européenne est souvent perçue comme une institution technocratique éloignée des peuples. Or, l’auteur suggère ici que l’Union européenne possède déjà les bases d’une véritable puissance politique, mais qu’elle reste limitée par l’absence de reconnaissance de sa nature étatique. L’Europe est pour lui une forme d’État nouvelle, fondée sur le partage de la souveraineté. Un essai remarquable, jouissif et particulièrement éclairant.

Israël après le 7 octobre

Les massacres du 7 octobre 2023 en Israël, suivis de la guerre extrême menée par Israël à Gaza et contre les Palestiniens, ont des conséquences majeures sur l’opinion publique et sur le militantisme antisioniste. En mobilisant les enquêtes de terrain et les sciences sociales, cet ouvrage entend nuancer les visions binaires simplistes, et donner à voir un hors-champ des représentations, au plus près des sociétés réelles. L’auteure propose une analyse dense, rigoureuse et profondément dérangeante dans le bon sens du terme : elle déplace le regard. Là où le débat public international tend à figer Israël dans une image univoque — État militarisé, bloc idéologique homogène — elle restitue une société traversée de fractures, de contradictions et de débats internes souvent invisibilisés.

Le guide de la serre

La serre, longtemps considérée comme un luxe réservé aux professionnels, devient aujourd’hui un outil accessible et indispensable pour tous les amoureux du jardin. Dès les premières pages de ce guide, Guillaume Desfaucheux nous invite à changer de regard. La serre n’est plus un simple abri de verre posé au fond du potager : elle devient un espace de transformation, un microclimat domestique où le temps se plie à la volonté du jardinier, où les saisons s’étirent, se prolongent, se réinventent.

La politique dans les réseaux – Pouvoirs et infrastructures numériques

Internet, assemblage complexe de technologies, a pris une part considérable dans nos vies. Son infrastructure matérielle et logicielle est désormais un outil de gouvernance qui a des conséquences directes sur la liberté d’expression, sur les droits humains et sur la continuité et l’universalité de son fonctionnement. En s’appuyant sur quinze années d’enquêtes informées par la sociologie des tehniques et de l’innovation, cet ouvrage dévoile la « gouvernance de l’Internet par l’infrasturcture ».

Transformer le sang en or

Et si une simple pilule pouvait arrêter le cancer et rapporter des milliards ? Nathan Vardi nous entraîne dans les coulisses d’un pari fou : celui d’une poignée de scientifiques et d’investisseurs qui ont tout risqué, leur carrière et bien davantage, pour mettre au point un traitement révolutionnaire contre la forme de leucémie la plus fréquente. Nathan Vardi s’intéresse à un médicament qui a révolutionné le traitement de la leucémie aux Etats-Unis, mais aussi à l’éthique médicale mise à mal par les fonds d’investissements.

L’effet castor – Les leçons d’un bâtisseur de mondes

Le cœur du propos tient dans une idée simple et vertigineuse : le castor est un « ingénieur écosystémique ». Là où il construit des barrages, l’eau ralentit, s’étale, s’infiltre. Les zones humides renaissent, les nappes phréatiques se rechargent, les incendies perdent en intensité, la biodiversité explose. C’est un traité environnemental puissant en forme de récit incarné plein d’humour, qui nous embarque magistralement sur les traces des castors, ces ingénieurs naturels au potentiel inégalé et qui, questionne brillamment notre rapport au vivant et nos erreurs écologiques passées.

SOS océans en détresse !

Une éthique du combat pour sauver la mer. Paul Watson ne signe pas un simple plaidoyer environnemental : il lance un cri. Un appel direct, urgent, presque viscéral, à la hauteur de la catastrophe silencieuse qui se joue loin des côtes et des regards. Le livre tient à la fois du manifeste, du témoignage et du réquisitoire. Watson construit une analyse qui mêle données scientifiques, expériences de terrain et colère morale. Il s’en prend frontalement à l’hypocrisie politique des sommets internationaux, aux promesses sans lendemain et aux compromis dictés par les intérêts économiques. Il montre comment la logique du profit immédiat neutralise toute décision ambitieuse, comment la diplomatie environnementale se contente trop souvent de déclarations symboliques pendant que la destruction continue.

Le phénomène de la vie

L’ouvrage est fondamental pour comprendre l’éthique de la responsabilité de Hans Jonas – boussole nécessaire à l’heure de l’Anthropocène. Cette enquête, que l’auteur avait commencé d’esquisser alors qu’il était sur le front durant la Seconde Guerre mondiale, et éprouvait sa condition de vivant dans toute sa vulnérabilité, bat en brèche le dualisme de l’âme et du corps qui innerve la philosophie occidentale. Jonas ne cherche pas seulement à corriger certaines thèses biologiques ; il veut réorienter toute la philosophie à partir d’une expérience première — celle d’être un organisme exposé, dépendant, menacé, mais actif.

La forêt du futur – Un défi pour la France

Hervé Le Bouler entraîne le lecteur bien au-delà d’un simple inventaire des forêts nationales : il propose un véritable voyage à travers la France forestière, riche de sa diversité naturelle et de son histoire pluriséculaire, pour révéler à quel point les arbres et leurs écosystèmes sont aujourd’hui confrontés à des ruptures inédites. Changement climatique, attaques d’insectes ravageurs, maladies, tempêtes et incendies…, ces perturbations ne sont pas de simples épisodes isolés, mais les signes avant-cours d’un changement profond du milieu forestier, un changement qui appelle à repenser collectivement notre manière de gérer ces écosystèmes.

L’exclusion culturelle – Manifeste pour une riposte populaire

Le monde de la culture traverse une crise inédite. Les coupes budgétaires se multiplient, accompagnées de discours hostiles envers les artistes. Plus préoccupant encore : ces attaques semblent rencontrer un soutien croissant au sein de l’opinion. Dans ce manifeste, Victorien Bornéat porte un regard lucide sur soixante ans de démocratisation culturelle qui ont laissé les classes populaires au bord du chemin. Il montre comment les idéaux portés par André Malraux ou Jack Lang — ceux d’une culture pour tous — se sont progressivement essoufflés, incapables d’endiguer les inégalités sociales d’accès à la culture.

L’économie peut-elle sauver le climat ?

L’urgence d’agir face au changement climatique n’a jamais été aussi pressante. Les coûts liés à ces perturbations sont extrêmement élevés : baisse des rendements agricoles, effets sur la santé des populations, perte de la biodiversité… Contribuant à l’amélioration de notre niveau de vie, l’économie est aussi responsable de l’augmentation incontrôlée des émissions de gaz à effet de serre. Source du problème, notre système économique est-il capable de répondre efficacement à l’urgence climatique ?

Rébis ou le secret de l’alchimiste

À l’heure où l’ésotérisme connaît un regain d’intérêt mêlant quête spirituelle, écologie intérieure et défiance envers la technoscience, Rébis s’impose comme un objet singulier. Ni simple essai historique, ni manuel symbolique, l’ouvrage revendique autre chose : un véritable traité d’alchimie opérative, ancré dans la pratique autant que dans la métaphysique. Qu’on y voie un héritage symbolique, une quête intérieure ou une véritable technologie sacrée, le livre demeure un ouvrage à part : dense, érudit, parfois déroutant, mais suffisamment cohérent et ambitieux pour relancer, au XXIe siècle, la question d’une alchimie vivante.

Gérer l’inévitable : repères face à la dérive climatique

Plutôt que d’ajouter un plaidoyer de plus pour la transition ou la sobriété, les deux auteurs déplacent le regard sur le dérèglement climatique : il ne s’agit plus seulement d’empêcher la catastrophe, mais d’apprendre à gouverner un monde durablement instable. Le titre résume l’ambition. « Gérer l’inévitable » : non pas renoncer, mais cesser de se raconter que tout peut encore être évité. L’ouvrage s’inscrit dans un courant intellectuel émergent : celui d’une écologie de la gestion des risques, plus proche de la protection civile que de l’utopie verte. Moins héroïque, mais sans doute plus adaptée à la réalité qui vient.

Pour changer le monde, rêvons-le ! Agir avec les imaginaires

L’ouvrage défend une idée simple mais puissante : les imaginaires ne sont pas de simples rêveries, mais des leviers d’action essentiels pour penser et bâtir des avenirs communs. Alors que les démocraties semblent parfois à court de récits inspirants et que les défis sont multiples, il devient urgent de remettre l’imaginaire au cœur des processus collectifs de décision et d’action sociale. C’est un appel à redécouvrir la puissance des rêves partagés. Simple dans sa formule mais profond dans ses implications, ce petit essai collectif invite à penser que changer le monde passe aussi par apprendre à rêver ensemble.

La ferme de Cagnolle

Contrairement aux discours des lobbyistes de l’agro-industrie, ce livre prouve qu’il est possible de produire des légumes de qualité, en quantité, avec un impact environnemental positif — et ce, sans dégrader ni polluer les sols. Ainsi, la voie s’ouvre vers une nouvelle révolution agraire : une révolution de l’agriculture régénérative, une agriculture productive et aggradante des sols, pour nous laisser imaginer la possibilité d’une société d’abondance, au moment même où les ressources commencent à se raréfier sérieusement.

Revue Futuribles n°470

La Revue Futuribles n°470 (janvier-février 2026) vient de paraître. Dans ce premier numéro de 2026, on montre que les armes nucléaires ne peuvent nous assurer ni d’une capacité de dissuasion certaine, ni d’une protection parfaite : nous resterons vulnérables. Autre sujet : s’agissant des dommages liés au changement climatique, comment pourrait-on renforcer la prévention et mieux assurées les victimes, par exemple dans le cadre d’une éventuelle « Sécurité sociale climatique » ? D’autres dossiers nou éclairent sur les grands défis à venir.

Compétitivité et agriculture, l’insoutenable obsession

Max Lefèvre nous offre un livre rare : un ouvrage qui respire la sincérité, l’expérience de terrain et la volonté de comprendre un monde agricole trop souvent réduit à des slogans. Il prend ici le temps de remonter l’histoire, de dévoiler les mécanismes qui ont façonné notre modèle agricole actuel, et d’interroger, sans agressivité mais avec conviction, ce qui ne fonctionne plus. Sont mêlés analyse politique, récit personnel et témoignages sans jamais perdre le lecteur. Loin des essais technocratiques, il parle simple, il parle juste : ses exemples viennent du terrain, de vies agricoles concrètes,

Puissance du pensif

François Jullien propose une méditation exigeante et subtile sur une forme de pensée que la philosophie a longtemps tenue à distance, voire reléguée à l’arrière-plan : une pensée non conceptuelle, indirecte, qui ne cherche pas à définir, mais à laisser advenir. Il explore ce qu’il nomme le « pensif », non comme un manque de rigueur, mais comme une autre puissance de l’esprit. Une belle réflexion sur la nécessité de diversifier nos modes de compréhension du monde, en réhabilitant une intelligence du sensible et du latent.

Dominique Perrault

Cette monographie de l’architecte-urbaniste Dominique Perrault s’impose comme un ouvrage de référence. À travers un riche appareil iconographique et des textes analytiques exigeants, le livre retrace plus de trente ans de pratique architecturale, tout en donnant les clés conceptuelles nécessaires pour comprendre une œuvre à la fois cohérente, radicale et profondément inscrite dans les mutations du monde urbain. La force de cette monographie réside dans sa capacité à articuler pensée théorique et réalité construite.

Sous les toits des cathédrales

Le livre révèle un monde invisible au regard du public : celui des charpentes, des combles et des structures hautes des cathédrales, espaces techniques et symboliques à la fois, où se rencontrent l’ingéniosité des bâtisseurs médiévaux et la lente patine du temps. Huit photographes de talent ont ainsi immortalisé ces lieux, renouant avec l’esprit de la Mission Héliographique du XIXᵉ siècle. Mais ce beau livre rappelle aussi que le patrimoine n’est pas figé, mais vivant, soumis aux exigences de son époque.

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