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Tout appel à la foi en l’autorité nuit à la science

Face à la montée de la défiance envers les autorités sanitaires, cinq dirigeants d’agences publiques appellent à restaurer la confiance dans « l’expertise scientifique ». Mais cette injonction à croire les institutions ne masque-t-elle pas une dérive technocratique de la médecine et du soin ? À rebours du pluralisme qu’elles revendiquent, ces agences imposeraient une vision normative, centralisée et autoritaire de la science, au détriment du savoir expérientiel, de la liberté clinique et de la démocratie sanitaire. Une critique sévère d’un système où l’« evidence-based medicine » devient parfois l’alibi d’un contrôle généralisé.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »
Rabelais, Pantaguel (1532)

Cinq dirigeants d’agences sanitaires ont publié le 14 avril dans Le Monde une tribune au titre tautologique : « Toute décrédibilisation de l’expertise scientifique alimente la défiance » (1) . Cette tribune est surtout un lamento sur le manque de confiance accordé aux avis « experts » tels que ces agences les conçoivent. Les auteurs laissent entendre que cette défiance serait due à l’intolérance au pluralisme qui animerait la société : avide de certitude absolue, celle-ci ne tolérerait pas les débats scientifiques, par exemple les débats supposés entre « experts » à l’époque de l’épidémie de Covid, et cette vision simpliste d’une science monolithique fragiliserait la démocratie sanitaire.
Les signataires de la tribune appellent donc à reconnaître la valeur des recommandations fondée sur l’expertise scientifique de leurs agences, seules légitimes malgré le « pluralisme » prôné : « Les autorités et agences sanitaires évaluent et arbitrent [les données complexes] au regard des connaissances scientifiques et du rapport bénéfice-risque ».

L’exemple de la crise sanitaire 2020-2022 surprend car les agences officielles à l’époque n’ont guère brillé par le pluralisme, donnant plutôt l’image d’une science monolithique et exclusive (rappelons les mises à l’index de soignants contestataires (2)) ; il n’y avait eu aucune évaluation du rapport bénéfice-risque des meure de confinement ; les avis de ceux qui mettaient en garde sur les dangers pour la santé des jeunes, notamment les sociétés savantes de pédiatrie, avaient été ignorés ; la démocratie sanitaire avait volé en éclats de l’aveu même de la Présidente de la Haute Autorité de Santé en 2022 (3)  ; cinq après, malgré l’explosion désastreuse des problèmes de santé mentale chez les jeunes, aucun appréhension critique des recommandations officielles pendant l’épidémie de Covid-19 n’est à l’ordre du jour…

De façon générale, autorités officielles et science n’ont jamais fait bon ménage. L’un des cinq signataires de cette tribune, président de la Haute Autorité de la Santé (HAS), milite depuis quelques mois pour que les « recommandations de bonne pratique » de cette agence « à caractère scientifique » deviennent légalement opposables (4), ne craignant pas de mettre à mal le principe de la liberté de prescription consubstantiel à tout art médical depuis ses origines, inscrit d’ailleurs dans le Code de Déontologie des médecins (Article 8) (5). La cible privilégiée est le soin psychique, pourtant un domaine dont la complexité invite à la plus grande prudence scientifique, toutes les méta-analyses soulignant qu’aucun paradigme ne peut dans ce domaine se prévaloir d’une supériorité quant à l’efficacité des soins (la qualité de l’alliance thérapeutique, c’est-à-dire la confiance intersubjective, étant de loin le facteur le plus important) (6). Faisant preuve d’une belle certitude, malgré ce que prône la tribune parue dans Le Monde, le président de la HAS n’hésite pas à imputer des « pertes de chance » aux professionnels qui affrontent tout le jour sur le terrain clinique réel de graves situations, en leur reprochant des pratiques hétérogènes — manifestement le pluralisme a ses limites. Pourquoi ne pas s’interroger plutôt sur « la perte de chance nationale », cliniquement si délétère, due au retard en France de reconnaissance de médicaments et techniques de soins en psychiatrie (7), mais aussi en cancérologie (8), parce que nos autorités sanitaires s‘appuient encore sur une méthodologie exigeant des études interminables sur de grandes populations ?

L’exigence de confiance en l’avis d’autorités s‘accorde en réalité très mal avec les bases de la démarche scientifique. De fait, les recommandations des agences sanitaires reposent sur une méthodologie « scientifique » marquée par une incompréhension profonde de la démarche evidence-based (« fondé sur les données probantes »). Le terme anglais « evidence » renvoie aux faits produits comme éléments de preuve devant un tribunal, mais bien entendu, même dans la science anglo-saxonne du droit, cela ne signifie pas que les données éprouvées sont la seule source de connaissance, et encore moins la seule base du jugement, contrairement à ce que promeut la science « officielle » de nos agences sanitaires.
Certes, l’exigence d’efficacité des soins impose leur fondation rationnelle donc la prise en compte objective des données éprouvées, mais l’evidence-based medicine s’est précisément développée pour contrer les arguments d’autorité contraires à la rationalité scientifique, et leurs pionniers insistaient sur la prise en compte non seulement de l’evidence, mais des valeurs des personnes soignées et du savoir expérientiel des soignants. (9).

Cela fait d’ailleurs plus d’un demi-siècle que le « mythe des données » est dénoncé en épistémologie analytique (10) : un recueil de données n’est jamais neutre, notamment parce que tout recueil est commandé par des valeurs multiples. La méthode scientifique elle-même est essentiellement pluraliste (11), Bachelard y insistait déjà (12), et ceci est particulièrement vrai en médecine (13), car seules des valeurs, c’est-à-dire ce qui oriente l’action, sont susceptibles de donner sens au processus de soin (14). La science médicale « autoritaire » heurte aujourd’hui de front la finalité des soins en reprenant naïvement une méthodologie privilégiant les essais en double insu sur de grandes populations, alors que la réalité des soins implique toujours des situations singulières pour des personnes singulières que de multiples valeurs animent.

Pour prendre en compte les valeurs de façon rationnelle dans un processus de soin — bien sûr, en s’appuyant aussi sur l’evidence — de riches modèles ont été développés, tels la clinique fondée sur les valeurs (15) ou la clinique narrative (16). Ces approches reconnaissent pleinement le savoir expérientiel des personnes soignées et l’implication de celles-ci dans les décisions de soin, sur la base de partenariats avec des personnes soignantes reconnues elles-mêmes dans leur savoir expérientiel et leur pouvoir d’agir.
Or la technostructure sanitaire et ses agences portent des valeurs implicites qui vont profondément à l’encontre de telles perspectives. La tribune de ces cinq dirigeants, pour lesquels « les autorités et agences sanitaires évaluent et arbitrent » les données complexes, est un aveu étonnant de ces valeurs implicites. En effet, quels sont les critères selon lesquels un tel arbitrage est prononcé ? A quelle aune sont pesés ses bénéfices et risques ? En réalité, le choix très politique des questions abordées dans les recommandations de « bonne pratique », la constitution des groupes d’« experts » — comment sont-ils reconnus et réunis ? —, le fonctionnement de ces groupes (dirigé de A à Z par des énarcoïdes), les méthodes d’analyse de la littérature « scientifique », etc., sont infiltrée de valeurs qui n’ont rien à voir avec l’objectivité evidence-based.

Pour ces agences qui s’arrogent un tel rôle d’arbitre, c’est-à-dire d’expert suprême, et demandent la foi aveugle dans les « experts » qu’elles seules reconnaissent, en ignorant en pratique le savoir expérientiel non substituable, les personnes soignées restent encore et toujours des « patients » à « prendre en charge » et les personnes soignantes des enfants destinés à obéir dès lors que ce savoir des autorités leur est délivré. La démocratie sanitaire pour ces agences se résume de facto à l’« éducation thérapeutique» des « usagers », cadrée par la définition de leur « engagement » et même de leur « expérience », la maîtrise de leur « représentation », l’imposition par tous les moyens d’un « parcours » (17). Sous l’emploi de vocables saturés de valeurs tels « « qualité des soins » ou « cuture de l’évaluation », la valeur suprême est le contrôle avec ses déclinaisons variées en termes d’exigence de respect des normes, d’uniformité, de confinement, de soumission.
Le cas de la « Haute Autorité » de Santé et de ses recommandations de « bonne pratique » est emblématique de cette incompatibilité entre autorité et science. Malgré les discours convenus sur une approche au service des « usagers » et la mise en exergue officielle de leur participation, il n’est en réalité pas concevable pour cette agence que la science du (prendre)soin puisse relever de processus complexes fondés sur la pondération d’alternatives in situ mettant en jeu des valeurs multiples et impulsés par des personnes du « terrain », soignantes, accompagnantes, aidantes, soignées ou accompagnées.
Ceci est hélas très bien illustré par la procédure d’évaluation des établissements médico-sociaux qui apporte ici une evidence cruelle à grande échelle. Rappelons que le 10 mars 2022, la Haute Autorité de Santé s’était auto-félicitée de publier un « cadre national unique et homogène » pour l’évaluation de la qualité dans les 40 000 établissements médico-sociaux de France (18), ceci après
« deux ans de travail », sans un mot sur la crise sanitaire qui occupait alors les personnels de ces établissements dans le monde réel (avec un confinement spécifique imposé aux personnes en situation de handicap par les autorités sanitaires, ce contre toute evidence). Toute une procédure étonnante de « mesure de la qualité » (19), fondée sur la mythologie de l’evidence, a alors été instituée, la même pour les maisons de retraite (« EHPADs ») que pour les Etablissements et Services d’Accompagnement par le Travail (ESAT), deux types d’établissements qui n’ont par définition guère à voir entre eux quant aux personnes accueillies, aux objectifs et au fonctionnement.

Comme cela était redouté, les 157 critères définis par la HAS ont permis la mise en place d’une véritable inquisition qui polarise désormais la vie de ces établissements. Avec l’exigence princeps de s’approprier les recommandations de la HAS, la procédure détaillée dans un Manuel de 220 pages 20 , comme il y avait le Manuel de l’Inquisiteur de Bernard Gui (1261-1331), rappelle fâcheusement la méthode élaborée au XIIème siècle contre l’« hérésie » cathare, orientée tout entière vers l’aveu, et plus tard fameusement mise en œuvre contre la science galiléenne.

De fait, ces 157 critères, malgré la mise en exergue ostentatoire de « la personne », sont la négation même de la confiance entre personnes nécessaire à l’exercice du prendre-soin (care), étant profondément orientés par la suspicion et la mise en cause potentielle des personnes accompagnantes : obsession du recueil d’événements indésirables, plaintes, réclamations, maltraitance, harcèlement, abus de faiblesse, etc., avec un objectif de contrôle intime des personnes accompagnées, rien n’y échappant jusqu’à la vie sexuelle des travailleurs en ESAT… La HAS semble d’ailleurs très fière de sa méthode de « l’accompagné traceur » [sic], supposée refléter un profil-type de parcours, en fait la négation d’une prise en compte authentique de la personne dans sa singularité. (Quant aux professionnels, ils ont droit à la méthode du « traceur ciblé », le terme de « cible » reflétant en effet assez bien la procédure. (21) )

Comme nous l’avions prédit dans ces colonnes en 2022 (22), un temps considérable des équipes médico-sociales est désormais absorbé par ces « mesures de la qualité » au détriment du temps relationnel, pourtant la seule variable importante pour la qualité du prendre-soin, tout étant soumis au fanatisme des « indicateurs » (une marotte du Lean Management qui fascine notre « haute » fonction publique) et de la « traçabilité » (qui trahit en pratique constamment la confidentialité et dont la finalité semble surtout de protéger les « autorités sanitaires » d’une mise en cause en cas de pépin). Une telle logique, niant toute autonomie au personnel médico-social, est malheureusement la voie directe vers la perte de sens de l’activité professionnelle, le burn out et les arrêts de travail prolongés qui grèvent aujourd’hui tout le secteur médico-social (23) — Mais comment la « science » de nos « autorités » pourrait-elle avoir la moindre responsabilité dans ce désastre humain ? Cette procédure d’évaluation, conduite à prix d’or par des cabinets privés  accrédités sur une liste de la HAS – mieux vaut être servi par soi-même pour une science « pluraliste » ? – altère sévèrement tous les 5 ans pendant un an le temps des équipes disponible pour le soin et le prendre-soin. L’application zélée de la recherche de l’evidence (« éléments de preuve ») induit des enquêtes quasi-policières – conduite souvent par d’anciens soignants « retirés » du terrain clinique – avec violation des règles de base de la confidentialité, voire des demandes relevant de contrôles d’identité, face à des soignants sidérés comme nous avons pu le constater directement… Tout cela pour aboutir à une déprimante note sur 4 — pire qu’à l’école élémentaire ! Et comme toute Big Sister qui se respecte, non seulement la HAS s’affirme « à vos côtés » (24), mais a obtenu que les structures évaluées affichent publiquement leur note tel un Nutri-score, d’où une
stigmatisation sans précédent des lieux accueillant des personnes en situation de handicap (par exemple les travailleurs des ESAT), ou bien des maisons de retraite au point de susciter une polémique publique (25), ce système récompensant de facto les mieux dotés (les moyens en personnel du secteur lucratif étant par définition supérieurs au secteur public ou associatif (26) ), à rebours des discours lénifiants sur l’inclusion sociale.

Pour contrôler toute la chaîne du soin, la HAS réclame maintenant la haute main sur le développement professionnel continu (27), comme si cette agence était compétente en matière de formation, au point qu’elle ait désormais à se substituer aux facultés et sociétés savantes. La HAS en est venue à définir ce qu’est une « formation présentielle » dans un jargon digne d’une comédie de Molière (28), et à promouvoir une étonnante vidéo de simulation d’annonce de « dommage associé aux soins » (29) sans s’interroger sur la dérive éthique que peuvent impliquer de tels « jeux de rôle ».

En 2022, à l’issue de la crise Covid-19, nous écrivions dans ces colonnes à propos des agences sanitaires : « Ces agences sont par essence incapables de fonctionner autrement que dans la toute-puissance : seule compte la conformité à l’autorité, d’où cette ribambelle de ‘hautes’ autorités, ‘hauts’ conseils, ‘hauts’ comités, etc., bien que la logique de l’autorité soit la négation même de la
science. » (30) Malheureusement, en 2026, nous devons admettre une nette aggravation du mal, dont un symptôme (« élément de preuve ») est cette tribune de nos cinq dirigeants d’agences sanitaires. L’injonction à la confiance, tel le parent « qui sait le bien » sommant l’enfant d’obéir, rappelle d’ailleurs une autre tribune que 11 anciens ministres avaient fait paraître à l’automne : affolés par un projet de limitation du pouvoir des Agences Régionales de Santé, ces ex-as du « pilotage » [sic] du ministère de la santé, n’avaient pas hésité à revendiquer un droit « régalien » en matière de santé, autrement dit le droit absolu de décider de la vie intime des citoyens (31).

Pourquoi une telle volonté de puissance ? Pourquoi cette hubris ? La rage de la technocratie grise contre la liberté ? Ou plus fondamentalement la passion humaine, trop humaine, de décider pour autrui, de faire son bien quoiqu’il en coûte ! Oui, c’est prouvé, la défiance est mère de sûreté en science !

Arnaud Plagnol, psychiatre, docteur en sciences cognitives et en philosophie – Professeur de psychologie clinique à l’Université Paris 8, international lead pour le centre de référence de la Values-Based Practice [clinique fondée sur les valeurs] (St Catherine’s College, Oxford). Il a notamment coordonné l’ouvrage Nouveaux modèles de soins aux éditions Doin et alerté dans nos colonnes pendant la crise sanitaire Covid-19 sur les dangers du confinement pour la santé mentale des jeunes.

(1) Le Monde, 14 avril 2026 :  https://www.lemonde.fr/sciences/article/2026/04/14/toute-decredibilisation-de-l-expertise-scientifique-alimente-la-defiance_6679916_1650684.html
(2) Voir A. Plagnol, UP’ Magazine, 31 janvier 2021, Covid-19 et science officielle : un désastre evidence-based, https://up-magazine.info/covid-19-et-science-officielle-un-desastre-evidence-based/.
(3) Le Quotidien du Médecin, 4 mars 2022, p. 12.
(4) Le Quotidien du Médecin, 16 avril 2026, /il-ne-sagit-pas-de-rendre-toutes-les-recos-contraignantes-le-president-de-la-has-defend-une#:~:text=en%202025%3A%20DPC- ,«%20Il%20ne%20s'agit%20pas%20de%20rendre%20toutes%20les%20recos,HAS%20défend%20une%20opposabilité%20ciblée&text=Sans%20remettre%20en%2.
(5) https://www.conseil-national.medecin.fr/code-deontologie/devoirs-generaux-medecins-art-2-31/article-8-liberte-prescription – :~:text=Dans les limites fixées par,plus appropriées en la
circonstance. Rappelons le serment d’Hippocrate : « Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission » : https://www.conseil-national.medecin.fr/medecin/devoirs-
droits/serment-dhippocrate.
(6) C. Lecomte. (2025). La pratique des psychologues à l’ère des données probantes. Etat des lieux d’une crise paradigmatique. Annales Médico-Psychologiques, 183(9), 885-890, https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0003448725001829.
(7) A. Bouria. (2026). Lettre ouverte au Conseil National Professionnel de Psychiatrie (CNPP), Annales Médico-Psychologiques, 184(1), 1-3,
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0003448725003038. Voir aussi Le Monde 24 novembre 2022 :  https://www.lemonde.fr/sciences/article/2022/11/24/la-rtms-est-une-
therapeutique-innovante-de-la-depression-qui-doit-etre-reconnue_6151356_1650684.html ;
Voir aussi Le Quotidien du Médecin, 3 avril 2026 : https://www.lequotidiendumedecin.fr/specialites/psychiatrie/depression-resistante-la-difficile-reconnaissance-de-la-stimulation-magnetique-transcranienne#:~:text=La%20stimulation%20magnétique%20transcrânienne%20se,conclusion%20contestée%20par%20des%20psyc.
(8) Le Quotidien du Médecin, 27 janvier 2023: https://www.lequotidiendumedecin.fr/specialites/cancerologie/cancer-la-sfmpp-regrette-les-avis-negatifs-de-la-has-concernant-plusieurs-therapies-innovantes.
(9) D. L. Sackett, E. S. Straus, W. Scott Richardson et al. (2000). Evidence-Based Medicine: How to practice and teach EBM (2 e éd.). Edimbourg & Londres : Churchill Livingstone.
(10) W. Sellars. (1963/1992). Empirisme et philosophie de l’esprit (trad. F. Cayla). Paris : Editions de l’Eclat.
(11) Sur le pluralisme en épistémologie contemporaine, voir S. Ruphy (2016), Scientific Pluralism Reconsidered: A New Approach, University of Pittsburgh Press.
(12) Bachelard a même affirmé : « Nous voudrions […] que la méthode échoue. Le plus grand bienfait de la pensée scientifique, on le rencontre quand la méthode tombe en panne, quand cela ne
marche pas. Tout va bien quand vous avez un accident de méthode ! Vous réfléchissez : la méthode doit être changée » (In L’engagement rationaliste, voir F. Bonicalzi (2013), I. Gaston
Bachelard : épistémologie ouverte et éthique de la connaissance, in J.-J. Wunenburger (Ed.), Gaston Bachelard – Science et poétique, une nouvelle éthique ?, Paris, Hermann, 11-27.
https://shs-cairn-info.accesdistant.bu.univ-paris8.fr/gaston-bachelard–9782705687441-page-11?lang=fr
(13) M. Lemoine (2011). La Désunité de la médecine. Essai sur les valeurs explicatives de la science médicale. Paris : Hermann.
(14) K. W. M. Fulford, E. Peile, H. Caroll. 2017. La Clinique fondée sur les valeurs : de la science aux personnes. Paris : Doin. 
(15) Voir référence de la note précédente et https://valuesbasedpractice.org.
(16) Voir R. Charon (ed.). 2020. Principes et pratiques de médecine narrative. Paris : Sipayat ; Le Monde, 11 décembre 2023 : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2023/12/11/la-medecine-
narrative-l-art-d-ecouter-son-patient-pour-mieux-le-soigner_6205216_1650684.html ; Entretien avec Rita Charon (2023), Psychiatrie, Sciences humaines, Neurosciences :
https://shs.cairn.info/revue-psn-2023-1-page-15?lang=fr&tab=texte-integral.
(17) Voir https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-11/fiche_pedagogique_engagement_patient_certification.pdf.
(18) https://www.has-sante.fr/jcms/p_3323113/fr/la-has-publie-le-premier-referentiel-national-pour-evaluer-la-qualite-dans-le-social-et-le-medico-social.
(19) Sans le moindre soupçon épistémologique… Rappelons la fameuse distinction platonicienne entre la métrétique quantitative « brutale », qui homogénéise artificiellement le divers, et le
véritable art de la juste mesure (to metron), susceptible de prendre en compte l’ensemble des phénomènes sans les réduire (Platon, Le Politique, 283d-284 et 311bc).
(20) Manuel d’évaluation de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux [sic] :
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/202203/manuel_devaluation_de_la_qualite_essms.pdf . La forme même de ce document de 220 pages, dans lequel la HAS renvoie en auto-référence à ses propres recommandations, contredit la prétention d’être au service des personnes accompagnées. (Il faut reconnaître que nous sommes ici très loin de la qualité formelle des manuels de l’Inquisition sous-tendue par la logique précise de la science médiévale du droit.)
(21) « Le traceur est ciblé sur les différentes thématiques du référentiel d’évaluation investiguées [sic]. La thématique étant le fil conducteur de l’entretien. [sic] ». Il est vrai que la méthode vise « à
inscrire l’évaluation de la qualité des ESSMS dans l’activité quotidienne des structures et promouvoir une démarche porteuse de sens pour les professionnels. »… Voir p. 187-188 du Manuel mentionné note précédente.
(22) Voir De la crise de la démocratie sanitaire à la révolution du soin, UP’ Magazine, 9 mai 2022 : https://up-magazine.info/de-la-crise-de-la-democratie-sanitaire-a-la-revolution-du-soin.
(23) Voir P. Desrumeaux, I. P. Moughogha, N. Bouterfas. (2025). Satisfaire les besoins pour protéger du burnout en travail social. Les Cahiers dynamiques, 85(1), 38-46. https://shs-cairn-
info.accesdistant.bu.univ-paris8.fr/revue-les-cahiers-dynamiques-2025-1-page-38?lang=fr.
(24) https://www.has-sante.fr/jcms/p_3632445/fr/regardez-en-replay-universite-d-automne-de-la-has-2025
(25) Le Parisien, 1 janvier 2026, https://www.leparisien.fr/societe/des-criteres-ni-bons-ni-equitables-pourquoi-la-nouvelle-notation-des-ehpad-est-sous-le-feu-des-critiques-01-01-2026-
R6EXEUGWEJG55C72IJ6KWZ4HRY.php#:~:text=.
(26) Le Quotidien du Médecin, 29 décembre 2025 :  https://neurologie-psychiatrie.lequotidiendumedecin.fr/sante-societe/politique-de-sante/evaluation-des-ehpad-le-prive-lucratif-bien-mieux-note-que-le-public.
(27) Voir la référence de la note 4.
(28) https://www.has-sante.fr/jcms/c_2807852/fr/formation-presentielle.
(29) https://www.has-sante.fr/jcms/c_953138/fr/annonce-d-un-dommage-associe-aux-soins.

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