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Le retour du « grand méchant loup »… ou celui de nos vieux démons ?

Dans le silence des forêts européennes, un équilibre fragile vacille — non pas sous le poids de la nature, mais sous celui des décisions humaines. Alors que la science alerte et que les loups peinent encore à retrouver leur place, plus de 40 ONG s’élèvent contre ce qu’elles dénoncent comme une dérive politique « antiscientifique » : le déclassement de leur protection. Derrière les mots feutrés de “gestion” et de “coexistence”, c’est une réalité plus brute qui se dessine — celle d’une espèce encore menacée, exposée à une violence légalisée. Face à cette rupture entre savoir et pouvoir, les organisations réclament un sursaut : un moratoire total sur les abattages, pour laisser à la vie sauvage le temps — et le droit — de respirer à nouveau.

La persécution par l’homme est déjà la principale cause de mortalité de milliers de loups chaque année en Europe [1], mais l’ampleur réelle de ce phénomène reste inconnue en raison de l’absence de suivi et de rapports systématiques. Plus de quarante ONG* réclament une transparence totale et la divulgation des intérêts particuliers qui sous-tendent la proposition de l’UE visant à déclasser le loup, ce qui entraîne davantage de tueries injustifiées, en contradiction avec les règles de l’UE.
Alors que l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) rapporte [2] que les deux tiers des espèces protégées par la directive « Habitats » dans l’UE ont un état de conservation médiocre ou mauvais et que la science affirme que les loups en Europe n’ont pas atteint un état de conservation favorable, la Commission européenne fait néanmoins pression pour un déclassement, et donc pour davantage d’abattages de loups.
Un quota zéro d’abattage est désormais le seul moyen légal pour les États membres de se conformer à la législation de l’UE. La science est sans équivoque : les loups en Europe restent menacés, le déclassement est une décision politique.

Une manœuvre politique allant à l’encontre de la science et servant des intérêts privés

La manœuvre anti-scientifique de reclassement des loups promue par Ursula von der Leyen – au moyen d’un rapport de 2023 produit par un cabinet de conseil basé à Bruxelles, [3] mandaté et financé par la Commission européenne – ouvre un chapitre profondément préoccupant dans l’élaboration de la gouvernance environnementale de l’UE. Les ONG réclament une transparence totale sur l’influence d’intérêts privés non divulgués sur le processus décisionnel de l’UE. Elles mettent en garde contre le fait que ces acteurs poussent l’exécutif européen et plusieurs États membres à démanteler des lois de protection de la nature efficaces et établies de longue date, tout en promouvant un discours trompeur sur la « coexistence » qui sert probablement les lobbies de l’agro-chasse.
La législation environnementale de l’UE ne devrait pas reposer sur un vide scientifique et juridique, ni être remodelée pour justifier le massacre ou la maltraitance d’animaux sauvages. C’est pourquoi trois recours juridiques interjetés par des ONG [4] ont été déposés devant la Cour de justice de l’Union européenne pour contester le déclassement de l’UE. Ceux-ci pourraient conduire à l’annulation de la récente décision de déclassement du loup. Les décisions sont toujours attendues.

Quelle est la situation en France ?

La France est l’un des pays de l’Union européenne où l’abattage des loups est le plus agressif. Depuis 2014, les abattages autorisés par les autorités ont entraîné la mort d’environ 1 500 loups, et le nombre réel est probablement plus élevé en raison des abattages illégaux et d’autres cas de mortalité non signalés.
Le taux de survie annuel des loups est estimé à 66 %. En dessous de ce seuil, la population de loups risque de ne pas se maintenir et de diminuer (OFB 2025).
La France applique un quota annuel d’abattage de loups (plafond de prélèvement) qui autorise l’abattage d’un nombre fixe de loups chaque année dans le cadre de son plan national de gestion des loups.

Ces dernières années, les quotas de prélèvement ont augmenté régulièrement, allant d’environ 100 à environ 200 loups par an, le plafond revu à la hausse pour 2026 étant fixé à environ 200 individus, soit environ 19 % à 21 % de la population nationale. Si l’on tient compte des quotas cumulés depuis 2014, le nombre total d’abattages autorisés de loups dépasse vraisemblablement les 1 500. Malgré ces prélèvements, l’espèce n’a pas atteint un état de conservation favorable en France et reste classée comme « défavorable-insuffisant » selon les dernières évaluations de la directive Habitats de l’UE (art. 17 ; rapports).

Selon l’Office français de la biodiversité, la population estimée de loups en France pendant l’hiver 2024-2025 était d’environ 1 082 individus (moins d’un tiers de la population italienne), sans nouvelle croissance démographique depuis l’hiver 2021-2022 (OFB 2025), en raison du taux d’abattage. D’après une étude de simulation, avec un taux d’abattage de 19 %, il existe une probabilité de 56 % que la population diminue (OFB/MNHN 2025). Avec le nouveau taux d’abattage des loups prévu pour 2026 (21 à 23 % de la population), cette probabilité de diminution passe à 61-66 %.
Néanmoins, en 2026, la France prévoit d’autoriser l’abattage d’environ 200 loups, soit environ 20 % de la population nationale, en raison de pressions politiques liées à des intérêts sectoriels. Le taux de survie annuel estimé des loups est de 66 %. En dessous de ce seuil, la population de loups risque de ne pas se maintenir et de diminuer (OFB 2025).

Non au déclassement, oui au quota « zéro abattage »

Les États membres ont toujours le pouvoir de rejeter cette orientation et de maintenir une protection stricte, conformément à la volonté de leurs citoyens [5] plutôt qu’aux politiques dictées par l’UE et façonnées par des intérêts non divulgués. Ceux qui ont déjà déclassé les loups peuvent toujours fixer un quota de chasse zéro, en totale conformité avec les règles européennes et internationales. Le Portugal, la République tchèque, la Pologne, la Hongrie et d’autres pays ont annoncé qu’ils le feraient.

« […] sur la base des données actuelles, l’abaissement du statut de protection de toutes les populations de loups n’est pas justifié d’un point de vue scientifique et de conservation. »
Source : 2022, décision (UE) 2022/2489 du Conseil européen relative à la position à adopter au nom de l’UE lors de la 42e réunion du Comité permanent de la Convention de Berne.

Ce que signifie le déclassement : la libéralisation de l’abattage des loups

Loin des bureaux bureaucratiques de Bruxelles, l’abaissement du niveau de protection des loups a une conséquence concrète : la libéralisation de la chasse au loup. Cela normalise la violence envers la faune sauvage en généralisant l’utilisation systématique des armes à feu et des balles comme principaux outils de gestion.
Cela marque un recul injustifiable de près de 50 ans, malgré l’opposition répétée des citoyens européens [6] dont les voix ont été systématiquement mises de côté.

Les pertes dues à la prédation des loups sont estimées à environ 0,06/0,07 % seulement de la population totale de moutons et de chèvres dans l’UE – le reste n’est que discours politique.
Les données démontrent le caractère injustifié de l’abattage des loups : les mammifères sauvages, y compris tous les grands animaux terrestres et marins (baleines, éléphants, lions, loups, etc.), ne représentent qu’une très faible fraction (environ 4 %) de la biomasse totale des mammifères restant sur la planète. Environ 96 % de la biomasse de tous les mammifères existants (sur environ 7 000 espèces) est constituée d’êtres humains (34 %) et d’animaux domestiques élevés pour l’alimentation ou d’autres besoins humains (62 %).

Les vérités tacites derrière l’abattage des loups

Une balle qui pénètre dans le corps d’un animal n’est jamais indolore. La peur, la souffrance et les mauvais traitements infligés à la faune sauvage sensible sont les conséquences silencieuses de l’approche politique que la Commission européenne promeut activement, en contradiction avec le traité de l’UE et la Constitution de plusieurs États membres.
Souvent, des opérations de type militaire sont organisées pour tuer ces animaux « protégés » ; elles mobilisent de grandes équipes assistées par la technologie, équipées de GPS, de radios, de vision nocturne, d’imagerie thermique, de chiens dressés et parfois même de drones dotés de caméras thermiques. Les loups peuvent être pourchassés sur de longues distances pendant plusieurs jours, de jour comme de nuit, avant d’être abattus – leurs souffrances ne sont pas rapportées. C’est là le véritable visage de la promotion de l’abattage des loups.

Présenté sous le nom de « coexistence », ce concept est largement dépourvu de règles contraignantes : il n’offre aucune garantie applicable pour les espèces protégées et ne constitue donc guère plus qu’un régime de tolérance laissant une grande marge de manœuvre pour l’abattage.
Tout comme les humains, les loups font partie de la biosphère, un système de vie interconnecté qui dépend des ressources naturelles. Cet équilibre fragile est aujourd’hui gravement compromis par l’intensité des activités humaines, qui exercent une pression croissante sur la nature et ses espèces.

L’absence de mise en œuvre de mesures préventives

Un exemple flagrant est l’absence de toute obligation de l’UE d’adopter des mesures préventives contre la prédation, alors même que l’UE alloue déjà chaque année des millions d’euros pour soutenir de telles mesures parallèlement à des régimes d’indemnisation pour les pertes de bétail.
Dans le même temps, des millions supplémentaires continuent d’être versés, via la Politique agricole commune (PAC), à des intérêts agricoles et cynégétiques spécifiques, sapant ainsi le rôle naturel du loup en tant que biorégulateur et ingénieur de l’écosystème. Dans plusieurs pays et régions de l’UE, les fonds disponibles de la PAC et du programme LIFE+ [7] destinés aux mesures préventives ne sont même pas sollicités par les agriculteurs, et lorsqu’ils sont alloués, ils restent souvent inutilisés ou ne sont utilisés qu’en partie.

Quelques conclusions :

… les coûts liés à la présence de grands carnivores ne sont pas nécessairement élevés si le bétail est élevé de manière appropriée.

Si l’on considère le nombre de moutons (environ 31 millions) présents dans les pays de l’échantillon de l’UE, ces niveaux de prédation correspondent à la mise à mort annuelle de 0,06 % (loups), 0,004 % (ours), 0,001 % (lynx)…

Les mesures les plus efficaces pour protéger le bétail consistent à installer des clôtures électriques robustes sur les pâturages déjà clôturés, à rassembler le bétail la nuit dans des enclos à l’épreuve des carnivores et à faire appel à des bergers accompagnés de chiens de garde dans les pâturages ouverts.

… il n’est pas possible de se fier uniquement à la lutte létale, car celle-ci n’apporte pas de solutions à long terme et n’est pas compatible avec la législation en matière de conservation. [8]

L’expérience acquise …montre qu’il est possible de réduire l’impact des prédations par les loups à des niveaux économiquement acceptables et socialement tolérables, grâce à une adaptation appropriée des systèmes d’élevage et à la mise en œuvre adéquate de mesures préventives. [9]

La crise invisible de la mortalité

Tout aussi tabou est le fait que ni la Commission ni les États membres n’ont jamais collecté les données les plus élémentaires : l’ampleur réelle de la mortalité des loups à travers l’Europe. Combien de loups meurent chaque année dans l’UE ? Personne ne le sait.
On parle probablement de dizaines de milliers d’animaux tués par des tirs, des empoisonnements ou des collisions routières – des événements qui restent largement non documentés et donc invisibles dans le processus décisionnel. Ces chiffres manquants constituent un risque sérieux pour la conservation de la faune sauvage en Europe, mais ils ne sont pas pris en compte dans les évaluations de l’état de conservation de l’espèce ni pris en considération par les autorités publiques avant d’autoriser de nouvelles mises à mort.
Le même vide concerne l’absence d’une méthodologie européenne [10] pour la collecte de données [11] , ce qui rend les systèmes de surveillance nationaux difficiles à comparer et compromet toute évaluation cohérente à l’échelle de l’UE.

Selon la science, le taux de croissance des populations de loups n’augmente pas indéfiniment. Au contraire, lorsque l’on se rapproche de la densité optimale, le taux de reproduction tend vers zéro. C’est le cas, par exemple, dans les Alpes occidentales où, malgré une présence significative du loup, le taux de croissance est très modeste (1,04) [12]. Les hypothèses avancées par de nombreux acteurs du secteur agricole et du monde de la chasse concernant la croissance imparable du nombre de loups sont donc infondées.
Toutes les études scientifiques et les grands rapports européens s’accordent sur un point : la plupart des loups qui meurent en Europe sont tués par l’homme, par la chasse, les abattages au titre de dérogations, le braconnage, l’empoisonnement et les collisions routières.

Les abattages illégaux et l’application insuffisante de la législation européenne

Et qu’en est-il des abattages « autorisés » pratiqués depuis des années en Finlande, en Suède, en France, en Espagne, en Slovaquie et dans d’autres États membres ?
Ils ont souvent eu lieu en contradiction flagrante avec le droit européen de l’environnement, sans aucune intervention effective de la Commission européenne, malgré les nombreux arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne clarifiant le cadre juridique de protection stricte applicable dans l’UE.
La tolérance systématique de ces pratiques a contribué à normaliser la gestion létale, érodant davantage les garanties que le droit de l’UE est censé assurer.

La nouvelle approche de la Commission envoie un signal inquiétant : le niveau actuel de mortalité des loups, dû au braconnage, à l’empoisonnement, aux collisions routières et même à des pratiques de chasse contraires au droit de l’UE – est implicitement jugé insuffisant, bien qu’il ne fasse l’objet d’aucun suivi. L’exécutif européen semble ouvrir la voie à une nouvelle augmentation des abattages de loups. La question demeure : dans quel but ?

Un retour à un passé d’ignorance : la résurgence du récit du « grand méchant loup »

Qu’est-ce qui se cache derrière l’investissement considérable en temps et en ressources que la bureaucratie européenne dans son ensemble a consacré à la libéralisation de l’abattage des loups ? Dans la pratique, cela risque de faire revivre un passé d’ignorance que beaucoup pensaient que l’Europe avait laissé derrière elle : des individus armés parcourant les forêts, les paysages, les vallées fluviales, les zones montagneuses, les lacs, voire les terres privées, tirant sur des animaux dont le rôle écologique est à la fois central et indispensable.

Les données écologiques montrent que l’Europe pourrait naturellement accueillir bien plus de 200 000 loups. Pourtant, dans les années 1970, l’espèce avait été réduite au bord de l’extinction dans la majeure partie de l’Europe occidentale, et aujourd’hui, la population de l’UE s’élève à environ 20 000 individus — un ordre de grandeur inférieur à son potentiel naturel.
Ce sont ces mêmes animaux pour lesquels, depuis les années 1980, l’UE a choisi d’investir des centaines de millions d’euros dans des projets de conservation des loups et de leurs habitats, des initiatives qui ont permis d’enrichir les habitats, de susciter un regain d’intérêt pour la faune sauvage, de développer de nouvelles compétences, de créer des opportunités d’emploi, d’approfondir les connaissances scientifiques, de favoriser la coopération transnationale et de réaliser de réels progrès au sein des communautés locales. À partir des années 1980, le loup a commencé à se remettre progressivement de l’extinction grâce à ces investissements publics, mais aujourd’hui, l’espèce reste menacée.

Les ONG* en appellent à la science, au droit et à la responsabilité

« Ce dont nous avons besoin de toute urgence aujourd’hui, c’est d’un changement systémique de politique qui reflète les attentes du public. Aucun déclassement, un quota zéro pour l’abattage des loups et la poursuite des chasseurs illégaux doivent devenir la priorité », exigent les ONG auprès de l’UE-27 .

« Aujourd’hui, les États membres de l’UE ont encore la possibilité de rétablir la légalité, de maintenir des normes environnementales strictes et de réaffirmer leur responsabilité morale envers la nature et la science, comme le demandent leurs citoyens », poursuivent les ONG*.

La science et le droit européen sont sans équivoque

La Cour de justice de l’Union européenne a affirmé à plusieurs reprises les grands principes suivants [13] : la directive « Habitats » est une loi écologique fondée sur la science ; un état de conservation favorable doit être assuré au niveau national avant que tout prélèvement ne soit autorisé ; les méthodes de gestion létales ne sont admissibles qu’en dernier recours. Compte tenu des données juridiques et scientifiques actuelles, un quota « zéro abattage » est désormais la seule stratégie de sortie viable pour les États membres. Le rétablissement du loup après son extinction progresse actuellement ; par conséquent, la tendance actuelle à affaiblir la protection stricte des loups inversera ces acquis [14] et exposera l’espèce à des risques supplémentaires.

Pour que le loup survive, il faut que les hommes décident de le laisser vivre

La question du loup n’est pas une question de nature. C’est une question de volonté politique. Les données scientifiques sont claires, la jurisprudence européenne est sans ambiguïté, et l’opinion publique — consultée à maintes reprises — s’exprime en faveur de la protection. Et pourtant, le fossé entre ce que disent les chiffres et ce que décident les institutions ne cesse de se creuser.

Derrière le vocabulaire policé de la « gestion » et de la « coexistence » se cache une réalité brutale : une espèce qui peine à survivre dans un espace que l’homme a décidé de ne pas partager. Avec environ 20 000 individus dans l’UE — pour une capacité naturelle estimée à plus de 200 000 — le loup européen n’est pas en train de reconquérir le continent. Il résiste, tout simplement.

Ce qui est en jeu dépasse la survie d’une espèce. C’est la crédibilité de l’Europe en matière d’environnement, la cohérence entre ses engagements affichés et ses actes réels, et la capacité de ses institutions à résister aux pressions de lobbies sectoriels. Les recours juridiques déposés devant la Cour de justice de l’UE, le refus de plusieurs États membres de céder au déclassement, et la mobilisation de plus de quarante organisations de défense de la nature dessinent pourtant une autre voie possible.

Il ne s’agit pas de romantiser le loup ni d’ignorer les préoccupations légitimes des éleveurs. Il s’agit d’exiger que les décisions soient fondées sur la science, que les mesures préventives soient réellement mises en œuvre, et que la violence envers la faune sauvage cesse d’être présentée comme une solution de gestion ordinaire.

Le moratoire sur les abattages n’est pas une position idéologique. C’est, aujourd’hui, la seule réponse légale et scientifiquement justifiable à une situation qui, si elle n’est pas corrigée, pourrait inverser des décennies de reconquête écologique. Le loup a failli disparaître une première fois. L’Europe a les moyens d’éviter qu’il disparaisse une seconde.

Ce que dit la science :

La proposition visant à revoir à la baisse le statut du loup s’appuyait sur un rapport technique non évalué par des pairs, commandé par la Commission européenne. Compte tenu des dispositifs de surveillance actuellement en place, il n’est pas possible d’estimer de manière fiable le nombre de loups en Europe. Les données démographiques disponibles sont hétérogènes, approximatives, largement qualitatives et invérifiables. Les loups n’ont pas encore atteint un statut de conservation favorable dans la plupart des pays européens. Jusqu’à la moitié des populations de loups européennes ne satisfont pas au critère de taille de population effective requis pour une viabilité génétique et démographique à long terme. Source [15].

Nous avons identifié la survie des adultes comme un facteur clé influençant la persistance des loups dans les paysages dominés par l’homme. Les conflits liés aux attaques de loups sur le bétail, qui peuvent entraîner une augmentation des abattages en représailles et de la pression publique pour réduire les populations de loups, associés à d’autres causes de mortalité anthropiques et aux impacts du développement des infrastructures, peuvent réduire les taux de survie des loups dans une mesure inconnue et, par conséquent, compromettre le rétablissement des loups. Source [16].

Une méta-analyse de 2025…, analysant 140 études menées dans l’hémisphère nord, confirme que la persécution humaine est la principale cause de mortalité des loups. La recherche montre que les facteurs anthropiques, notamment les abattages illégaux et la chasse autorisée, sont à l’origine des pertes de population, six décès de loups sur dix en Europe étant attribués aux activités humaines. Source [17].

*Cette initiative est soutenue par une large coalition d’ONG européennes :

[1] Zimmermann, B., Wabakken, P., Sand, H., et al. (2025). Carte de la mortalité : mortalité spatialement explicite du loup gris. Proceedings of the Royal Society B; Groupe de recherche EBD-CSIC (2025). La persécution humaine comme principale cause de mortalité chez le loup : une méta-analyse mondiale de 140 études. Estación Biológica de Doñana (CSIC).
[2] Agence européenne pour l’environnement (AEE), Biodiversité. État des habitats et des espèces (2025)
[3] 2023, La situation du loup (Canis lupus) dans l’Union européenne. Conseil : N2K Group EEIG.  Auteurs : Blanco, Juan Carlos ;  Sundseth, Kerstin. Contrat de service UE  n° 090201/2022/880820/SER/ENV.D3. T
[4] Affaire T-634/25 : Recours introduit le 16 septembre 2025 – GzSdW/Parlement et autres ; Affaire T-563/25 et  affaire T-634/24, Green Impact et autres contre le Parlement européen, le Conseil européen et la Commission européenne
[5] Sondages d’opinion et enquêtes en faveur de la protection des loups disponibles dans le document de référence.
[6] Sondages d’opinion et enquêtes mentionnés dans le document de référence ci-joint.
[7] La plupart des fonds utilisés par les régions pour financer des mesures de prévention (couvrant probablement 100 % des coûts) — telles que les clôtures électriques, les chiens de garde, les systèmes de dissuasion et la formation — proviennent de fonds de l’Union européenne (FEADER/PAC),   qui sont affectés à ces usages. Les régions agissent simplement en tant qu’autorités de gestion, et non en tant que bailleurs de fonds. Si elles n’utilisent pas ces fonds européens spécifiques pour la prévention, elles les perdent — elles ne peuvent pas les réaffecter à d’autres priorités. Les régimes d’indemnisation sont officiellement nationaux ou régionaux, mais ils existent également en raison des obligations légales de l’UE au titre de la directive « Habitats ».
[8] LIFE WolfAlps – Action D5 (2018). Évaluation des systèmes de prévention des dommages causés par le loup à l’élevage d’alpage dans les Alpes occidentales ; John D. C. LINNELL, Benjamin CRETOIS – Institut norvégien de recherche sur la nature, département des politiques. Parlement européen, Le retour du loup et d’autres prédateurs (2018).
[9] L’efficacité des systèmes de prévention dans les Alpes dans le cadre des projets LIFE. LIFE WolfAlps EU.2023. Arianna Menzano, Francesca Marucco, Ricardo N. Simon, Rachel Berzins, Tomaž Berce, et al.
[10] Fisher M., Randi E. (2025). Des données incertaines et obsolètes ne devraient pas être utilisées pour militer en faveur du déclassement des populations européennes de loups (Canis lupus). Quelques commentaires sur le rapport de Blanco & Sundseth (2023) pour la Commission européenne.
[11] Biais trompeurs dans les méthodes d’estimation de l’abondance des loups à l’aide de modèles spatiaux Crabtree RL, Conner MC, Treves A (2025), Academia Biology 3(4) Accès libre : https://lnkd.in/dYec2wqT
[12] LA POPULATION DE LOUPS DANS LES RÉGIONS ALPINES ITALIENNES 2023/2024, Centro Grandi Carnivori, rapport technique de l’Université de Turin.
[13] Liste des cas, figurant dans le document de référence joint au communiqué de presse.
[14] Erb, J., Sampson, B., Mech, L.D. (2025). La mortalité des loups due à l’homme persiste pendant des années après l’arrêt de la chasse. Nature.
[15] Octobre 2025. Rétablir une protection stricte pour les loups en Europe, Ettore Randi, Hugh Jansman, Josip Kusak,  Michela Pacifici, Gianluca Piovesan, Urmas Saarma, Krzysztof Schmidt, Geraldine Werhahn.
[16] Évaluation des paramètres démographiques clés et de la viabilité d’une population de loups dans un paysage fortement dominé par l’homme, Biological Conservation 316 (2026) 111784. Monia Nakamura, Pedro Monterroso, Helena Rio-Maior, Raquel Godinho, Francisco Alvares, José Vicente López-Bao, Olivier Gimenez.
[17] Groupe de recherche EBD-CSIC (2025). La persécution humaine comme principale cause de mortalité des loups : une méta-analyse mondiale de 140 études. Estación Biológica de Doñana (CSIC).

Photo d’en-tête : © Anthony Sebbo

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