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Web 4.0: when digital crosses the border of the physical!

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Si l’on a pris l’habitude que notre smartphone nous assiste dans toutes les tâches du quotidien (consulter la météo, vérifier son agenda, connaître l’horaire du prochain train…), le geste de sortir notre téléphone de notre poche et de consulter l’application idoine pourrait bien nous paraître fastidieux dans quelques années. Car désormais, notre environnement physique pourrait être suffisamment « intelligent » pour nous renseigner et soulager les terribles contraintes de notre existence.
 

De l’individu augmenté par son smartphone à l’individu assisté par son environnement

 
Le web 3.0 a « augmenté » l’individu de services qui lui facilitent son quotidien ; avec le web 4.0, le monde physique lui-même nous assiste et se digitalise. Les Google Glass ont impulsé dès 2013 l’ère de la réalité augmentée (à ne pas confondre avec la réalité virtuelle), c’est-à-dire de la superposition du virtuel sur le réel – projet finalement suspendu par Google début 2015. Mais c’est Amazon qui s’enquit le premier de conquérir la frontière de la maison avec son assistant Alexa, capable de commander, pour nous, notre liste de course sur simple demande vocale.
Google lui a vite emboîté le pas avec son Google Assistant lancé en 2014 aux USA et arrivé cet été en France, tandis qu’Apple tente de rester dans la course avec son enceinte connectée.
 
D’après Gartner, 30% des requêtes d’ici 2020 se feront sans écran : le digital sort du cadre. Avec cette nouvelle révolution, l’internet des objets (IoT) aborde également une nouvelle phase. Les objets ne se contentent pas de capter des données sur notre environnement pour nous permettre de les contrôler à distance via notre smartphone, ils sont à notre service à travers une interface interactive. Notre réfrigérateur vérifie de lui-même ce qu’il nous manque pour réaliser une recette tandis que notre miroir simule un maquillage sur notre visage.
 
Une fois connectés entre eux et à la blockchain par des smart-contrats certifiant les transactions et autorisant ou non certaines actions sur notre environnement, on atteindra cette virtualisation totale du monde physique. Réalité augmentée, assistants vocaux et IoT nouvelle génération sont les trois phénomènes qui matérialisent déjà en 2017 cette révolution du « phygital », la fusion du physique et du digital.
 

Une bataille entre les GAFAMA pour devenir l’IA centrale du monde physique

 
Chaque espace de notre environnement va faire l’objet d’une bataille acharnée entre les GAFAMA (Google, Facebook, Amazon, Microsoft, Alibaba) pour devenir l’Intelligence Artificielle maître de nos désirs.
La voiture, la maison, le bureau mais encore l’hôpital ou l’exploitation agricole sont les nouvelles terres de conquête des géants du numérique inquiets de ne pas être au rendez-vous de ce nouveau tournant. Car il est probable que si chaque objet possèdera des capacités d’interaction, il faudra bien une IA centrale pour tout coordonner et prendre les bonnes décisions, par exemple pour indiquer à votre robot aspirateur de ne pas passer dans le salon alors que vous êtes en train d’y regarder la télévision.
 
L’avancée de Google en matière d’intelligence artificielle lui donne aujourd’hui l’avantage et l’on comprend mieux pourquoi les GAFAMA investissent des milliards en recherche sur ce sujet. Chacun d’entre eux arrive sur ce marché avec ses forces et cherche à imposer sa logique : Google celle du search, Apple et Microsoft celle de l’interconnexion avec ses suites logicielles, Amazon et Alibaba le shopping et Facebook le social.
 
Si cette “bataille” de géants peut donner le tournis, le fait de basculer dans une nouvelle ère rebat également les cartes et crée l’opportunité pour les entreprises traditionnelles de re-rentrer dans le jeu. Mais sans alliance majeure des acteurs traditionnels, sans réflexion d’ensemble sur les nouvelles expériences utilisateur associées à cette révolution phygital, sans coopération avec les startup innovantes et sans ambition forte pour mener leur transformation numérique, les produits des entreprises du XXème siècle pourraient bien devenir les commodités au service de ces futures intelligences.
 
Caroline Faillet, Netnologue, co-fondateur du cabibet Bolero
« Netnologue » et co-fondateur du Cabinet Bolero, Caroline Faillet partage régulièrement son expérience et participe au débat sur les enjeux de la transformation digitale. Elle est l’auteur en 2016 de « l’Art de la Guerre Digitale » (Dunod) – Prix 2017 de l’Académie des Sciences Commerciales.
A pioneer in the analysis of Internet user conversations and the collection of behavioural data, Bolero uses an innovative methodology to understand the influence of digital technology on audiences and to help companies defend their image and their business in this new environment.

Bolero works on the following themes: digital presence strategy, e-reputation and influence, digital transformation, digital performance and data-driven marketing, new business and digitalisation of the customer experience. Bolero is also an accredited training organization and its methodology is taught in prestigious professional programs such as HEC (Executive Education) or the Military School (IHEDN), dedicated to senior executives.

 

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