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Climat, sécheresses, faim : l’enfance en première ligne

Capture d'écran ONG World Vision France

Plus de 2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau dans le monde, soit 1 personne sur 4. À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement le 5 juin prochain, l’ONG World Vision France alerte sur l’impact croissant du dérèglement climatique sur les enfants. Accès à l’eau, alimentation, éducation, sécurité : partout dans le monde, les plus jeunes sont les premières victimes d’une crise environnementale devenue crise humanitaire. L’ONG appelle à renforcer les solutions locales de résilience, capables de restaurer les écosystèmes tout en protégeant durablement les populations les plus vulnérables.

Sécheresses historiques, inondations à répétition, désertification, raréfaction des ressources : le changement climatique ne relève plus d’une menace future mais d’une réalité quotidienne pour des millions de familles. En 2024, au moins 242 millions d’enfants ont vu leur scolarité interrompue à cause d’événements climatiques extrêmes, tandis qu’un milliard d’entre eux vivent désormais dans des zones considérées à très haut risque climatique. Derrière ces chiffres, c’est toute une génération qui se retrouve fragilisée par l’insécurité alimentaire, le manque d’eau, les déplacements forcés ou encore la montée des violences. Face à cette urgence, l’ONG World Vision France défend une approche fondée sur la restauration des écosystèmes, l’adaptation climatique et l’autonomisation des communautés locales, convaincue que protéger l’environnement revient aujourd’hui à protéger les enfants.

Replacer les enfants au cœur de la réponse climatique mondiale

Au moins 242 millions d’enfants dans 85 pays ont vu en 2024 leur scolarité interrompue par des événements climatiques extrêmes. Sécheresses, inondations, vagues de chaleur ou stress hydrique. Pour World Vision France, la crise environnementale est désormais une urgence humaine qui frappe d’abord les plus vulnérables.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement 2026, l’ONG souhaite alerter sur l’accélération des conséquences humaines du dérèglement climatique et appelle à renforcer massivement les investissements dans les solutions locales qui permettent déjà à des millions de familles de construire leur résilience.
Alors que les Nations unies rappellent l’urgence de transformer nos modèles de développement pour répondre à la crise environnementale mondiale, l’association souligne une réalité encore trop peu visible : les enfants sont aujourd’hui les premières victimes du changement climatique, alors qu’ils en sont les moins responsables.

« Nous ne parlons plus d’une crise environnementale lointaine. Nous parlons d’enfants qui perdent l’accès à l’eau, à l’école, à l’alimentation, à cause de phénomènes climatiques de plus en plus violents. La crise climatique est devenue une crise de l’enfance. » explique Camille Romain des Boscs, directrice de World Vision France.

Une urgence mondiale qui frappe d’abord les enfants

La Journée mondiale de l’environnement 2026 intervient dans un contexte de dégradation accélérée des écosystèmes mondiaux. Les effets du changement climatique, de la désertification, de la perte de biodiversité et de la raréfaction des ressources naturelles menacent directement la stabilité économique, sociale et sanitaire de centaines de millions de personnes.
Mais derrière les grands indicateurs environnementaux se cache une réalité humaine : près d’1 milliard d’enfants vivent aujourd’hui dans des pays considérés comme “à très haut risque climatique” et 920 millions d’enfants sont aujourd’hui exposés à un stress hydrique élevé.

Dans de nombreuses régions d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine, la crise environnementale fragilise directement les moyens de subsistance des familles. Lorsque les récoltes sont mauvaises, lorsque les points d’eau s’assèchent ou lorsque les terres deviennent infertiles, les conséquences sont immédiates : augmentation de l’insécurité alimentaire, décrochage scolaire, mariages précoces, travail des enfants, déplacements forcés…

Le changement climatique n’appartient plus au futur

Le dérèglement climatique agit désormais comme un multiplicateur de vulnérabilités. Dans la Corne de l’Afrique, des sécheresses historiques ont plongé des millions de familles dans l’insécurité alimentaire. En Asie, les inondations détruisent des habitations, des écoles, des routes et des accès essentiels à l’eau ou aux soins. Dans certaines régions sahéliennes, l’avancée de la désertification réduit drastiquement les capacités agricoles des communautés rurales.

Pour World Vision, la réponse à cette crise ne peut pas se limiter à une logique d’urgence ponctuelle. Elle doit s’inscrire dans une transformation durable des territoires, la restauration des écosystèmes et l’autonomisation des villageois. Présente dans près de 100 pays, l’organisation développe des programmes liant protection de l’environnement, adaptation climatique, sécurité alimentaire et protection de l’enfance.
Les actions de l’ONG comprennent notamment : la restauration des terres dégradées ; le développement d’une agriculture plus résiliente ; l’accès durable à l’eau ; la protection des ressources naturelles ; la prévention des catastrophes ; et l’accompagnement des familles face aux chocs climatiques.

Quand la terre reverdit, les populations résistent

Face à l’ampleur des défis environnementaux, des solutions existent. Depuis plusieurs décennies, des associations accompagnent des villages dans des projets de restauration des terres et de régénération des écosystèmes qui démontrent qu’il est possible d’inverser certaines dynamiques de dégradation. Ces initiatives permettent non seulement de restaurer les sols et la biodiversité, mais aussi de renforcer la sécurité alimentaire, de stabiliser les revenus des communautés et de réduire la vulnérabilité face aux sécheresses.

Restaurer les terres, c’est aussi restaurer des conditions de vie : lorsque les familles retrouvent des récoltes et des revenus stables, les enfants peuvent rester à l’école et deviennent moins vulnérables aux crises et aux déplacements forcés.

Tony Rinaudo et la RNA : la révolution venue des racines

Parmi les initiatives les plus emblématiques soutenues par World Vision figure la Régénération Naturelle Assistée (RNA), également connue sous le nom anglais FMNR – Farmer Managed Natural Regeneration. Cette approche, portée depuis les années 1980 par l’agronome australien Tony Rinaudo, repose sur une idée simple mais révolutionnaire : de nombreux arbres considérés comme disparus possèdent encore des systèmes racinaires vivants sous terre. En protégeant et en accompagnant leur repousse naturelle plutôt qu’en replantant massivement, les agriculteurs peuvent restaurer rapidement des paysages dégradés à grande échelle.
Au Niger, cette méthode a contribué à restaurer environ 6 millions d’hectares de terres, transformant durablement des zones frappées par la désertification.

Les résultats observés sont considérables : amélioration de la fertilité des sols ; augmentation des rendements agricoles ; retour de la biodiversité ; meilleure rétention de l’eau ; réduction de l’érosion ; augmentation des revenus agricoles ; et renforcement de la résilience des habitants face aux sécheresses.

Aujourd’hui, World Vision contribue au déploiement de cette approche dans plusieurs régions du monde, convaincue que les solutions les plus efficaces sont souvent celles qui s’appuient sur les savoirs locaux, la mobilisation communautaire et la restauration des écosystèmes existants. Concrètement, cela signifie travailler avec les agriculteurs, les chefs de village, les femmes et les jeunes pour identifier les pratiques traditionnelles capables de restaurer durablement les terres et les ressources naturelles. Dans certaines régions du Sahel, par exemple, les communautés apprennent à protéger les jeunes pousses issues des systèmes racinaires déjà présents dans les sols plutôt qu’à dépendre uniquement de campagnes massives de reboisement souvent coûteuses et peu adaptées aux conditions locales. Ailleurs, des groupes villageois mettent en place des systèmes collectifs de gestion de l’eau, restaurent des zones dégradées ou développent des techniques agricoles plus résistantes aux sécheresses et aux fortes chaleurs.

Cette approche communautaire permet non seulement de régénérer les écosystèmes, mais aussi de renforcer l’autonomie des populations face aux chocs climatiques. Lorsque les terres redeviennent fertiles, les récoltes augmentent, les revenus se stabilisent et les familles sont moins contraintes de déplacer leurs enfants, de les retirer de l’école ou de recourir à des stratégies de survie extrêmes. Pour l’ONG ces solutions fondées sur la nature démontrent qu’il est possible de répondre simultanément aux défis environnementaux, alimentaires et sociaux, tout en redonnant aux communautés locales un rôle central dans la protection de leur avenir.

Protéger l’environnement, c’est protéger les enfants

Pour World Vision France, la crise climatique ne peut plus être dissociée des enjeux humanitaires et de protection de l’enfance. Dans les régions les plus fragiles, les enfants sont les premiers touchés par les conséquences des dérèglements environnementaux : malnutrition, maladies hydriques, interruption de la scolarité, déplacements forcés ou hausse des violences. Face à cette réalité, l’organisation défend une approche globale, alliant adaptation climatique, sécurité alimentaire, accès à l’eau, protection des enfants et restauration des écosystèmes, afin de renforcer durablement l’autonomie des familles face aux chocs climatiques.
Face à une crise climatique qui accélère les inégalités et fragilise l’avenir de millions d’enfants, il faut faire appel à des solutions locales pour protéger les populations les plus vulnérables : une priorité internationale.
« Nous refusons l’idée d’une fatalité climatique. Partout où nous travaillons, nous voyons des femmes, des hommes et des enfants debout, capables de transformer leur environnement lorsque les moyens, les connaissances et la solidarité sont au rendez-vous. Le véritable enjeu aujourd’hui est notre capacité collective à changer d’échelle. » alerte encore Camille Romain des Boscs.

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