La Caravane du bizarre

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Du 18 septembre 2023 au 13 janvier 2024, le MuMo x Centre Pompidou, musée mobile réalisé avec la Fondation Art Explora et le ministère de la Culture, reprend la route avec l’exposition La Caravane du bizarre. C’est la rencontre des publics dans les zones rurales et périurbaines de plusieurs villes de France, avec à bord des œuvres majeures d’art moderne et d’art contemporain issues des collections du Centre Pompidou. La création contemporaine devient ainsi accessible à ceux qui en sont éloignés, en partageant une expérience artistique et esthétique sur les territoires.

Pendant quatre mois, le camion sillonnera les Ardennes, l’Aube, la Haute-Marne, la Meuse et les Vosges pour accueillir près de 8 500 visiteurs. Des formations, des visites, des ateliers et plusieurs temps forts sont organisés autour de l’exposition et de l’espace « loggia » du MuMo x Centre Pompidou.

Curieux personnages, animaux fantastiques ou paysages étranges, les artistes ont su se prêter au jeu de la bizarrerie pour repousser les limites de l’imaginaire et créer des effets de choc. Pour ce nouveau voyage, une vingtaine d’œuvres repoussent les limites de l’imaginaire et se prêtent au jeu de l’étrange, de l’émerveillement et de la frayeur. La Caravane du bizarre présente des artistes majeurs de la collection du Centre Pompidou, tels qu’André Bauchant, Marc Caro, Robert Combas, Jean Dewasne, Robert Doisneau, Jeanne Gil-Marchex, Henri Laurens, Dora Maar, Sine Mackinnon, Philippe Mayaux, Raoul Michau, Bruce Nauman, Tony Oursler, Gino Severini, Karl Sims, Sandy Skoglund, ou encore Germain Van der Steen.

" Comme le rappelle le poète Baudelaire « Le beau est toujours bizarre ». Curieux personnages, animaux fantastiques ou paysages étranges, les artistes ont su se prêter au jeu de la bizarrerie pour créer des effets de choc, d’émerveillement ou de frayeur. Dans cet ensemble de peintures, dessins, photographies et vidéos du XXe et de XXIe siècle les artistes, méprisant les conventions artistiques, déforment le réel pour explorer une nouvelle image du monde qui nous entourent et nous interroger sur notre place dans celui-ci. » – Nathalie Ernoult, commissaire de l’exposition

La caravane du bizarre

Dans le monde de Philippe Mayaux, les quatre éléments de l’univers, la terre, l’eau, le feu et l’air, prennent la forme des personnages de « Comics » américains de Marvel.
Chez Tony Oursler, l’homme se réduit à une boule brumeuse sur laquelle s’éparpillent deux yeux, deux mains et une bouche.
L’artiste surréaliste Dora Maar, fascinée par l’informe et l’étrange donne une représentation monstrueuse de la féminité avec une figurine à tête d’os.
Le peintre futuriste Severini quant à lui décompose les différentes étapes du mouvement de son visage qui semble tourner sous nos yeux.
Une autre façon d’exprimer le bizarre, l’étrange, l’insaisissable, réside dans la représentation de paysages désolés, altérés ou transformés de manière étrange tel qu’on peut le voir dans les peintures de Sine Mackinnon and Jeanne Gil-Marchex.
Raoul Michau dépeint sous un ciel menaçant une surprenante bataille où des pommes de terre en germe ont pris la place des soldats.
Chez le peintre naïf André Bauchant une étrange rencontre dans un bois sombre aux ramures menaçantes crée une atmosphère inquiétante et irrationnelle.
Panspermia, le film de Karl Sims propose l’élaboration d’un paysage artificiel à l’allure géométrique venu d’une planète inconnue. Les animaux fantastiques inspirés des légendes et des mythes font également parti de l’imaginaire des artistes.
Le torse puissant prolongé d’une queue de la Sirène du sculpteur Henri Laurens dégage une grâce étrange tandis que le chat de Germain Van der Steen à la crinière léonine et aux moustaches en croc semble dans une parfaite entente avec les oiseaux qui l’entourent. Parfois, ce sont leur mise en situation qui intrigue ou dérange. Ainsi, les renards rouge vif de Sandy Skoglund batifolent dans un restaurant entièrement gris suscitant chez le spectateur un sentiment d’étrangeté et d’angoisse.

1. Sandy Skoglund, née en 1946 (Boston, États-Unis) Foxes Games (Jeux de renards), 1989 Épreuve cibachrome. 119,3 x 162,3 cm. 1/25.
Collection Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne – Centre et création industrielle © Adagp, Paris, 2023 © Sandy Skoglund. Crédit photographique : Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GP
2. Raoul Michau, né en 1897 (Tours, France), mort en 1981 (Paris, France) La bataille des pommes de terre, 1948 Huile sur bois. 38 x 46 cm. Collection Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne – Centre et création industrielle © Droits Réservés. Crédit photographique : Bertrand Prévost – Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP
3. Dora Maar, née en 1907 (France), morte en 1997 (Paris, France) Les yeux, vers 1932 Tirage d’exposition réalisé en 2005 d’après le négatif souple original. Tirage de Daniel Valet. 30,5 x 24 cm. Collection Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne – Centre et création industrielle © Adagp, Paris, 2023. Crédit photographique : GuyCarrard – Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP
4. Philippe Mayaux, né en 1961 (Roubaix, France) Les Quatre Z’éléments : Air, Eau, Feu, Pierre, 1997-1998 Polyptique composé de 4 tableaux. Huile et peinture acrylique sur toile. 35 x 27 cm (chaque élément). Collection Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne – Centre et création industrielle © Adagp, Paris, 2023. Crédit photographique : Centre Pompidou, MNAM-CCI/Georges Meguerditchian/Dist. RMN-GP

La genèse du MuMo

C’est une évidence : l’art nous fait du bien. L’art nous fait réfléchir. L’art nous fait parler, débattre… et nous apprend à voir le monde autrement. L’art nous émeut, nous rend créatifs et tisse des liens. Mais beaucoup n’osent pas pousser la porte d’un musée. Beaucoup en France n’y ont pas accès, comme un monde lointain, réservé à une élite ou trop beau pour eux.
C’est pourquoi, plus que jamais, l’art doit aller à la rencontre des autres pour rendre accessibles des chefs-d’œuvre d’art contemporain au plus grand nombre, à commencer par les enfants à l’école primaire, pour toucher de nouveaux publics dès le plus jeune âge.

C’est le projet enthousiasmant du MuMo x Centre Pompidou, un musée itinérant créé par la plus grande institution d’art moderne et contemporain d’Europe, en partenariat avec le MuMo, premier musée mobile fondé en 2011.

Ingrid Brochard, fondatrice du MuMo

Créer un musée dans un camion ? Quelle idée !

Ingrid Brochard, fondatrice du MuMo, explique : « J’ai conçu le projet à 33 ans. J’avais tout juste vendu mon entreprise et je revenais d’une traversée de trois mois en Antarctique sur un bateau scientifique entre la banquise et le silence. J’avais envie d’être utile, de rendre accessible à des enfants l’art qui m’avait tant manqué, petite, dans ma province natale. Et je me suis dit : comment faire pour que l’art vienne à leur rencontre ? Je me suis souvenue du bibliobus que j’attendais impatiemment, enfant, La Roche Blanche – Gergovie en Auvergne. Je me suis souvenue du Klaxon de l’épicerie ambulante qui passait dans le village de ma grand-mère dans le Cher et du cinéma itinérant.
C’est ainsi que l’idée du MuMo est née.

J’ai suivi mon intuition… et deux ans plus tard, le 8 juillet 2013, paraissait la loi EAC, une loi de refonte de l’école qui a fait entrer officiellement l’éducation artistique et culturelle dans les programmes scolaires. Depuis 2011, le MuMo est allé à la rencontre de 150 000 visiteurs, en France d’abord – de Saint Venant dans le Pas-de-Calais jusqu’aux alentours de Marseille – puis en Afrique, en Côte d’Ivoire et au Cameroun.

Nous pensions que l’aventure durerait quelques années. Le MuMo roule 6 jours sur 7 et 50 semaines par an… depuis plus de 10 ans. Aujourd’hui, nous sommes soutenus par le gouvernement, le ministère de la Culture, le ministère de l’Education Nationale, de nombreuses ONG et les collectivités territoriales. La force du MuMo est de réunir tous ces acteurs autour de ce projet fédérateur et d’avoir réussi ce maillage territorial qui permet, au sens propre comme au sens figuré, de mettre l’art sur la place publique.

Ainsi l’art voyage pour devenir accessible à chacun, quelle que soit sa situation géographique, sociale, économique. A chaque halte, se crée une rencontre extraordinaire avec des enfants qui découvrent les œuvres – 50% d’entre eux ne sont jamais allés dans un musée – puis en créent eux-mêmes avant de faire visiter l’exposition à leurs parents, à leurs grands-parents, à leurs voisins, aux commerçants de leur village ou de leur quartier.

C’est cela la magie du MuMo : éveiller le regard de milliers d’enfants et d’adultes dans un face-à-face direct avec l’art, rassembler des habitants pour qui l’art est un point de rencontre insoupçonné, créer des liens, délier les langues et rendre la vie plus belle. Alors comment ne pas continuer ?

L’artiste Paul McCarthy qui a tout de suite prêté des pièces m’a avoué un jour que ses plus belles années sont celles où il exposait ses œuvres sur un parking de supermarché. Et quelle belle récompense que cette phrase d’une directrice d’école de Douala, au Cameroun : « Le MuMo a apporté aux enfants une boîte à pensée ».

Le MuMo n’aurait pu voir le jour sans d’immense artistes (Paul McCarthy, James Turell, Daniel Buren, Maurizio Cattelan… et tant d’autres, dont la designer matali crasset qui a dessiné le 2e camion du MuMo en 2017) et sans l’émerveillement des enfants et l’engagement de nombreuses associations et éducateurs sans qui ce musée mobile n’existerait pas.

Grâce à la générosité du Centre Pompidou, de la Fondation Art Explora et du ministère de la Culture, le MuMo x Centre Pompidou sillonne les routes de France. Il présente deux expositions par an avec des pièces d’exception d’art moderne et d’art contemporain (peintures, sculptures, vidéos, photographies…) pour le plus grand bonheur des enfants.

Ce musée mobile est une œuvre d’art en soi. Il est né d’une collaboration entre l’architecte Isabel Hérault et l’artiste Krijn de Koning. La première s’est inspirée de l’interdisciplinarité du Centre Pompidou pour créer un espace qui accueillera performances, lectures, concerts, cinéma, débats, etc. Le second a fait de ce musée mobile un chef d’œuvre qui sera visible partout en France par ses aplats de couleur.

C’est une magnifique aventure à laquelle toutes les équipes du MuMo sont très fières de participer. Vive le partage du sensible ! »

Un musée mobile dédié au Centre Pompidou

Inauguré en 1977, le Centre Pompidou est un lieu d’art et de culture où se croisent les arts plastiques, le spectacle vivant, le cinéma, la musique, le débat d’idées… Profondément ancré dans la cité, ouvert sur le monde et l’innovation, il interroge, par le prisme de la création, les grands enjeux de société et les mutations à l’œuvre dans le monde contemporain. Son bâtiment emblématique, conçu par les architectes Renzo Piano et Richard Rogers, abrite le Musée national d’art moderne qui conserve la plus riche collection d’art moderne et contemporain en Europe, l’une des deux plus grandes au monde. Avec la Bibliothèque publique d’information (Bpi) et l’Institut de recherche musicale (Ircam), organismes associés, le Centre Pompidou accueille une programmation d’une extrême richesse, au croisement des disciplines et des publics. Fidèle à son esprit d’ouverture et à sa volonté de rendre accessible au plus grand nombre la culture et la création, le Centre Pompidou développe également de nombreux projets en dehors de ses murs, sous la forme d’expositions, de prêts ou de partenariats durables notamment avec les collectivités. Son expertise et ses savoir-faire reconnus en France comme à l’international font de lui une institution sans équivalent, présente à Paris et à Metz mais aussi à Málaga, à Bruxelles et à Shanghai.

En France, le Centre Pompidou pérennise son action sur le territoire et ses partenariats avec les collectivités ou institutions. Il tisse des relations durables avec les acteurs culturels implantés localement, se fixant l’objectif de développer des actions à même de toucher des publics qui ne disposent pas d’un accès immédiat à la culture. Cette démarche d’une « action territoriale » renforcée se traduit notamment par l’itinérance de dispositifs créés par des artistes comme « Saule et les Hooppies » conçu par matali crasset, des événements comme « 1 jour, 1 œuvre » qui présente gratuitement, pendant une journée, une œuvre majeure de la collection du Centre Pompidou en dehors du contexte muséal, des expositions et ateliers itinérants pour le jeune public tel le Studio 13/16 au collège, ou la création de nouveaux lieux culturels, comme « mille formes », l’espace dédié à la petite enfance à Clermont-Ferrand.

Le Centre Pompidou inaugurera à Massy en 2026 un pôle de conservation et de création, le Centre Pompidou Francilien – Fabrique de l’Art / Musée national Picasso-Paris, en partenariat avec la Région Île-de-France, le Département de l’Essonne, la Communauté d’agglomération Paris-Saclay, la Ville de Massy et le ministère de la Culture. En préfiguration de ce projet d’implantation et en collaboration avec les acteurs locaux, culturels, universitaires, scolaires et associatifs, le Centre Pompidou propose depuis 2019 une programmation qui irrigue l’ensemble du territoire de l’Île-de-France. Le projet mené avec le MuMo et Art Explora s’inscrit dans cette volonté d’aller à la rencontre des publics du territoire, francilien dans un premier temps avec une inauguration à Massy puis, plus largement en France.

Le parcours du MuMo x Centre Pompidou dans la région Grand Est :

  • Du 18 au 29 septembre, puis du 30 octobre au 03 novembre : Département des Vosges (88)
  • Du 10 au 27 octobre : Département des Ardennes (08)
  • Du 06 au 17 novembre, puis du 02 au 06 janvier : Département de la Meuse (55)
  • Du 20 novembre au 08 décembre : Département de l’Aube (10)
  • Du 11 au 29 décembre : Département de la Haute-Marne (52)

    Dans le cadre de cette nouvelle itinérance, le MuMo x Centre Pompidou fera également une étape à Marseille, en collaboration avec la Fondation Art Explora, du 2 au 8 octobre.

Toutes les informations sur les étapes de l’itinérance

Header photo : Mumo musée mobile © Radio France – Yves-René Tapon

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