La ville stationnaire – Comment mettre fin à l’étalement urbain ?

La ville stationnaire – Comment mettre fin à l’étalement urbain ?, de Philippe Bihouix, Sophie Jeantet et Clémence de Selva – Editions Actes sud – Domaine du possible, 5 octobre 2022 – 352 pages

La croissance des villes est devenue insoutenable : le secteur de la construction est l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre et engloutit des quantités énormes de ressources, pendant que l’étalement urbain dévore les sols naturels et agricoles. Loin d’apporter les bénéfices environnementaux escomptés, la densification des villes est synonyme de réduction des terres naturelles et agricoles, d’émissions de gaz à effet de serre et de consommation accrue des ressources.

Les vulnérabilités d’une concentration humaine trop grande sont criantes, aujourd’hui face aux crises sanitaires, demain face aux crises climatiques.

Dans l’écoconstruction, les expériences se multiplient mais sont encore marginales. Quant aux promesses d’une technologisation accrue, les vertus des futures smart cities restent mystérieuses ou ténues, malgré les incantations.

Il est temps de convoquer un nouvel imaginaire : Et si les villes n’avaient pas vocation à grandir éternellement ? Plus tôt nous mettrons en pratique le « zéro artificialisation », plus grande sera notre résilience face aux risques et aux crises écologiques à venir. Au plus vite, les villes doivent – et peuvent – devenir stationnaires. Il ne s’agit pas de les figer, mais de les transformer et les embellir, d’exploiter l’immense patrimoine déjà bâti, de s’épanouir en cessant de dévorer l’espace autour d’elle.

C’est avant tout l’aménagement du territoire, la répartition des populations, des services et des emplois qu’il faut revisiter< ; les métropoles doivent essaimer ; la puissance publique doit favoriser une nouvelle décentralisation, une revitalisation des sous-préfectures, des bourgs, des villages et des campagnes. Il ne s’agit pas de figer la ville et d’arrêter de construire, mais d’en exploiter les potentialités actuelles en réhabilitant les bâtiments et en luttant contre l’obsolescence des lieux pour  pour les préparer aux défis à venir.

Ce chantier réclame une remise en cause de tous les acteurs, car le patrimoine existant est aussi immense que mal utilisé.

Loin d’être mortifère, cette reconstruction est à notre portée en une génération au moins. Elle est raisonnable, souhaitable, enthousiasmante même : il ne s’agit de rien de moins que réconcilier la ville avec son territoire et ses habitants avec l’écosystème.

Philippe Bihouix a travaillé comme ingénieur dans différents secteurs industriels avant de rejoindre le groupe AREP, agence d’architecture interdisciplinaire, comme directeur général. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la question des ressources non renouvelables et des enjeux technologiques associés.

Sophie Jeantet est architecte-urbaniste. Elle travaille depuis plus de vingt ans au sein de plusieurs structures publiques d’aménagement, sur de grands projets de renouvellement ou de développement urbains.

Clémence de Selva est architecte-urbaniste. Elle travaille en maîtrise d’œuvre et assistance à maîtrise d’ouvrage depuis quinze ans, en France et à l’étranger.

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